À l’occasion du quatrième vendredi du mois saint de Ramadan, les fidèles musulmans de la capitale se sont mobilisés en masse ce 13 mars 2026. À la Grande Mosquée de Mafanco, Elhadj Aboubacar Sylla a livré un sermon articulé autour de deux dimensions essentielles : la piété rituelle à travers la « Zakat Al-Fitr » et la cohésion sociale par le respect des autorités.
La Zakat Al-Fitr : le « passeport » du jeûne
Alors que le mois saint tire à sa fin, une obligation spirituelle majeure s’impose à chaque croyant. Elhadj Aboubacar Sylla, premier imam de la mosquée, a consacré une large partie de son prêche à la Zakat Al-Fitr, communément appelée « Moudi ».
S’appuyant sur les enseignements prophétiques, l’imam a rappelé la dimension métaphysique de cette aumône. Citant un Hadith du Prophète (PSL), il a rappelé que le jeûne d’un croyant reste suspendu entre la terre et le ciel « tant qu’il ne s’acquitte pas de sa Zakat ; ce n’est qu’alors qu’il parvient à destination. »
Pour cette année, le montant de cette contribution a été fixé à 15 000 francs guinéens. Un geste simple, mais indispensable pour valider un mois de privation et de prières. L’imam a exhorté les fidèles à ne pas attendre la dernière minute pour s’acquitter de ce devoir, qui permet également aux plus démunis de célébrer l’Aïd dans la dignité.
Un cri du cœur contre la dégradation des valeurs sociales
Au-delà de l’aspect purement religieux, Elhadj Aboubacar Sylla a porté un regard critique sur le climat social en Guinée. Il s’est ouvertement inquiété d’une tendance croissante à la dévalorisation des figures de proue du pays.
Selon le chef religieux, la société guinéenne traverse une crise de respect envers ses propres cadres. Qu’il s’agisse des intellectuels, des opérateurs économiques ou des autorités publiques, l’imam a déploré les attaques gratuites et les dénigrements sans fondements.
‘’J’ai une inquiétude que je tiens à partager avec vous : c’est le manque de reconnaissance pour ceux qui portent le savoir, le développement économique et l’autorité de l’État. Nous voyons chaque jour sur les réseaux sociaux comment certains s’attaquent à nos élites, à nos religieux et à nos dirigeants. C’est inadmissible. Il faut que les citoyens respectent ceux que Dieu a élevés, mais en Guinée, on observe malheureusement le contraire’’, a-t-il interpellé.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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