Accusé par certains habitants de soutenir l’installation d’éleveurs maliens dans la localité de Töron Banankö, le sous-préfet de Sabadou-Baranama, Oumar Camara, rejette ces accusations. L’autorité administrative affirme que ni la sous-préfecture ni la commune n’avaient été informées de la présence de ces éleveurs avant les premières plaintes des citoyens.
Cette réaction intervient tout juste après une manifestation organisée au bloc administratif de la préfecture de Kankan par des femmes venues de Töron-Banankö, une localité relevant de la sous-préfecture de Sabadou-Baranama. Certaines d’entre elles, presque nues et portant des foulards rouges en signe de protestation, ont dénoncé la destruction de leurs cultures par des troupeaux en transhumance. Elles ont également réclamé la libération de plusieurs habitants interpellés dans cette affaire.
Face à ces accusations, le sous-préfet assure avoir été informé de la situation après une alerte transmise par la commune.
‘’Nous avons appris qu’à Banankö, des éleveurs maliens étaient installés dans la brousse. Le maire m’a informé qu’une plainte avait été déposée par des citoyens du district. Nous avons alors convoqué le président du district pour comprendre comment ces éleveurs sont arrivés dans la zone’’, explique Oumar Camara.
Selon lui, le président du district aurait reconnu que l’installation des éleveurs s’est faite sans l’implication des autorités administratives.
‘’Il a témoigné devant tout le monde que ni la commune ni la sous-préfecture n’avaient été informées. Les éleveurs étaient déjà installés depuis environ un mois avant que nous ne soyons mis au courant’’, précise le sous-préfet.
Pour tenter d’apaiser la situation, des discussions auraient été engagées entre les autorités locales, les sages du village et les forces de sécurité, assure le sous-préfet de Sabadou-Baranama.
‘’Nous avons rencontré les responsables du village, le maire ainsi que la gendarmerie. Nous avons demandé aux éleveurs de quitter la zone. Initialement, nous leur avons donné trois jours, mais ils ont sollicité un délai plus long. Finalement, un délai de quinze jours leur a été accordé’’, indique-t-il.
Par ailleurs, le sous-préfet évoque une somme de 30 millions de francs guinéens qui aurait été versée lors de l’installation des troupeaux.
‘’Lorsque nous avons interrogé le président du district, il a reconnu avoir reçu 30 000 000 GNF. Le maire lui a demandé de remettre cet argent à la commune, afin qu’il soit restitué’’, révèle-t-il.
La situation se serait ensuite tendue après un incident impliquant du bétail. Selon Oumar Camara, des chasseurs du village auraient ouvert le feu sur des bœufs appartenant aux éleveurs.
‘’Nous avons été surpris d’apprendre que des chasseurs avaient tiré sur les bœufs. Ce n’est pas une procédure normale. Seules les autorités compétentes, notamment la gendarmerie et les éco-gardes, sont habilitées à gérer ce type de situation’’, rappelle-t-il.
À la suite de cet incident, la gendarmerie aurait convoqué plusieurs habitants du district. Certaines personnes ayant refusé de répondre à ces convocations, auraient été interpellées. Tout en rejetant toute responsabilité dans l’arrivée des éleveurs, le sous-préfet insiste sur le fait que l’administration locale n’a jamais été associée à leur installation.
‘’J’ai demandé aux personnes concernées d’aller répondre aux convocations de la gendarmerie. Malheureusement, certaines ont refusé, ce qui a conduit à leur arrestation. Je suis innocent dans cette affaire. Ni la commune ni la sous-préfecture n’ont été informées au départ’’, insiste-t-il.
Pendant ce temps, les tensions restent perceptibles à Töron Banankö, où la question de la transhumance continue de susciter des inquiétudes parmi les populations. Les autorités préfectorales de Kankan indiquent suivre la situation afin de faire toute la lumière sur ce conflit.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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