À Kissidougou, les autorités locales ont lancé, ce samedi 28 février 2026, une grande opération de déguerpissement des emprises des voiries de la commune urbaine. Le ton de cette opération de grande envergure a été donné au niveau de la route qui part du stade préfectoral Jean Djibril Léno et qui longe le grand marché de Kissidougou, en traversant le quartier Timbo, pour aboutir finalement à une autre route secondaire qui mène au quartier Farakô.
Très tôt ce samedi matin, plusieurs éléments de la police et de la gendarmerie appuyés par les forces de défense, ont procédé au dégagement des emprises de cette route envahie depuis plusieurs années par des femmes vendeuses et autres commerçants qui y avaient installé des boutiques et des conteneurs. En tout cas, selon les autorités locales, cette activité de libération des emprises qui est pilotée par la commune urbaine, va s’étendre sur toutes les voies publiques occupées de façon anarchique.
Pour Mamady Mansaré, vice-président de la délégation spéciale de la commune urbaine, cette opération n’est pas du tout spontanée.

‘’Si vous voyez aujourd’hui qu’il n’y a pas eu de résistance ou de révolte de la part des occupants de ces lieux, c’est parce qu’ils ont été largement sensibilisés avant le début de cette opération. Je rappelle que nous avions échangé avec la chambre de commerce et nous avions rencontré les représentantes des femmes vendeuses. En plus de tout cela, M. le PDS avait sillonné les différents médias de la place pour passer ce message, il y a de cela un mois. Donc, nous avons respecté toutes les étapes avant de commencer le dégagement.
En tant qu’autorité communale, il est de notre responsabilité de réguler la circulation pour nos citoyens qui ont le droit de circuler librement. L’Etat ne peut pas investir des milliards pour construire des routes et nous nous levons un beau matin pour transformer ces routes en marché. Je rappelle que Kissidougou n’est pas en manque de marchés. Nous avons des marchés un peu partout: à Sogbè, à Kankan-Koura, à Limania et à Kôrôdou. Ce sont des marchés bien aménagés. C’est pourquoi, j’invite les femmes vendeuses déguerpies ce matin, de rejoindre ces différents marchés. Je précise que cette opération va continuer jusqu’à ce que toutes les principales voies de la commune urbaine soient complément libérées. Je suis moi-même sur le terrain pour piloter cette opération pour éviter les violences ou les débordements. Pour le moment, tout se fait dans les règles de l’art’’, a-t-il rassuré.
Du côté des citoyens déguerpis, certains accusent les forces de l’ordre d’aller au-delà des limites indiquées. C’est le cas de Ali Sourakata Camara, vendeur de balais. Selon lui, avant l’arrivée des autorités, les militaires qui étaient venus sur le terrain, n’ont pas respecté les limites.

‘’Ils ont tout saccagé malgré nos explications pour leur faire venir à la raison. Notre magasin se trouve derrière les caniveaux, donc, nous sommes loin de la route. Pendant les campagnes de sensibilisation, ils avaient dit que cette opération concernait uniquement ceux-là qui avaient envahi la chaussée mais à notre grande surprise, ils sont venus jusqu’à notre niveau. Nous n’allons jamais user de la violence car nous sommes des bons citoyens mais nous invitons les autorités à venir voir les limites afin de nous rétablir dans nos droits’’, a-t-il revendiqué.
Il faut rappeler que, l’année dernière, ces genres d’opérations musclées avaient touché plusieurs boutiques et magasins situés le long de la route qui mène au quartier Dounikônô, derrière la résidence du préfet et la place publique.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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