En marge de la conférence de presse qu’il a animée jeudi, dans la salle de conférence Lansana Béavogui, au siège même de son département, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Dr. Morissanda Kouyaté, est longuement revenu sur son engagement en faveur de la protection des ressortissants guinéens à l’étranger, face aux critiques et attaques dont il dit faire l’objet.
Dès l’entame de sa communication, le chef de la diplomatie guinéenne a rappelé les principes qui, selon lui, fondent son engagement. ‘’Depuis ma prise de fonctions, je m’appuie sur un trépied : la loyauté, le courage et l’honnêteté. Le constat était amer : il y avait des Guinéens qui n’avaient pas de passeports, certains ne pouvaient pas revenir, et d’autres voyaient leurs enfants privés d’école, faute de papiers’’, a-t-il déclaré.
Selon lui, l’obtention d’un passeport était devenue un véritable parcours du combattant, voire un trafic. ‘’Il y avait des Guinéens qui n’avaient plus d’identité. Venir chercher un passeport, pour ceux qui en avaient les moyens, ce n’était pas moins de 3 000 dollars, le billet d’avion y compris. Ça, c’est devenu même un trafic. Le président a dit, non ! Il m’a dit qu’un Guinéen qui a des problèmes, c’est toute la Guinée qui a un problème’’, a-t-il rappelé.
Plus loin, Dr. Morissanda Kouyaté a évoqué les risques personnels qu’il affirme avoir pris pour venir en aide aux compatriotes en détresse.
‘’Le président m’a dit d’aller chercher nos compatriotes en Tunisie. Suite à cela, il y en a qui ont prié pour que l’avion tombe avec moi. Je suis monté et j’aurais été un cadavre fier si l’avion était tombé pour aller chercher nos compatriotes. Je l’ai fait au nom du chef de l’État. J’étais sous la neige, sous le froid en train d’appeler nos compatriotes un à un’’, s’est-il défendu.
Par ailleurs, le ministre a ensuite dressé la liste de plusieurs opérations d’évacuation et d’assistance menées par la Guinée dans des contextes parfois extrêmes.
‘’Après la Tunisie, effectivement, les malédictions ont failli nous attraper. L’avion a fait un bruit en l’air, on était tous prêts à mourir. Le feu en l’air. J’ai fait ça pour la Guinée, après, je suis réparti. En Ukraine, la Guinée a été le premier pays à rapatrier ses ressortissants. Il y a eu le Soudan. La Guinée a été le premier pays à envoyer des cars pour aller sous les bombes, exfiltrer les Guinéens et les amener en Égypte. Nous l’avons fait. L’Égypte, nos compatriotes qui sont là-bas, nous avons même payé des redevances pour les exfiltrer et les amener ici. J’en passe ! Le Sénégal, il y avait des attestations d’expulsion des Guinéens. On est venu jeter les Guinéens à la frontière. Nous avons dit non ! On ne le fera pas. Les Guinéens ne seront pas expulsés. L’Algérie, nous avons exfiltré nos compatriotes qui étaient dans le désert, dans la faim, dans la soif, dans le désespoir.
En Gambie, les Guinéens payaient trois fois plus les redevances que toutes les autres nationalités. J’ai dit non ! Vous payerez comme les autres. Nous nous sommes imposés et ils ont payé comme les autres pays’’, a détaillé le chef de la diplomatie guinéenne.
Par ailleurs, il affirme avoir reçu les missionnaires de l’Union Européenne dans son bureau pour menacer la Guinée.
‘’Ils ont dit : ‘Si vous ne le faites pas la reconnaissance faciale forcée, nous allons bloquer tous les visas’. Je leur ai dit : Bloquez tous les visas. 99% des Guinéens ne veulent pas aller à l’extérieur. Bloquez, mais nous n’allons pas accepter’’, a-t-il assené, ajoutant avoir averti les partenaires étrangers sur les conditions d’expulsion des guinéens à l’étranger.
‘’Tout pays qui expulsera un Guinéen sans raison, la Guinée expulsera un des leurs’’, prévient-il.
Profitant de cette sortie médiatique, le chef de la diplomatie guinéenne a aussi fustigé l’attitude de certains membres de la diaspora, qu’il accuse d’incohérence.
‘’Ceux qui sont en train de nous insulter, quand ils auront des problèmes…, j’irai les chercher. Pour le pays et pour le chef de l’État, je le ferai, parce que c’est mon travail. Mais ces gens aussi, quand ils quittent ce pays, ils jettent notre passeport. Nous avons ramassé 50 000 passeports jetés. C’est aujourd’hui qu’ils sont patriotes ?’’, s’interroge-t-il.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
