Où que tu sois, jeune frère, si les circonstances te laissent ne serait-ce qu’un souffle de liberté intérieure, observe le jeûne de ce mois béni de Ramadan et élève tes prières vers le Très-Haut, afin que le chemin du retour s’ouvre enfin devant toi. Nous jeûnons et prions pour toi, avec constance et fidélité, même si certains, pour lesquels tu pensais porter la voix, se sont murés dans un silence gêné, presque complice.
Ainsi se dévoilent les lâchetés. Ainsi se démasquent les opportunismes. Ceux qui acclamaient hier se taisent aujourd’hui, comme si l’engagement n’était qu’un slogan de circonstance. Pour ces politiciens calculateurs, l’homme n’est souvent qu’une donnée, une ligne dans un tableau, un chiffre à verser dans une comptabilité macabre dictée par l’intérêt. Ils oublient que derrière chaque nom il y a une épouse qui pleure, des enfants traumatisés, une famille qui espère, une nation qui s’interroge. Mais qu’ils sachent que la vérité ne s’efface pas avec le silence. Elle patiente. Elle mûrit. Elle finit toujours par refaire surface.
Le Très-Haut nous enseigne, dans la Sourate Ash-Sharh 94 versets 5 et 6, « qu’en vérité, avec la difficulté vient la facilité ». Il nous rappelle également, dans la Sourate An-Nahl 16 verset 97, que « quiconque accomplit une bonne œuvre, homme ou femme, tout en étant croyant, recevra une belle vie ». Ces promesses divines dépassent les calculs des hommes et les intrigues des puissants.
Habib Marouane Camara, nous refusons que ton nom devienne une simple statistique. Nous refusons que le temps serve d’alibi à l’oubli.
En ce mois béni, que la prière, le dhikr et la confiance inébranlable en Allah t’enveloppent d’une paix profonde et d’une sérénité protectrice, où que tu sois. Puisse ce Ramadan être celui de l’accomplissement de l’espérance, celui du retour tant attendu, des retrouvailles avec ta famille qui, depuis deux longues années, vit dans l’attente, le cœur tendu vers l’horizon de ton apparition.
Que le Très-Haut inspire la clémence, dissipe les ténèbres des consciences et incline les cœurs de ceux entre les mains desquels se décide ton destin, afin que prévalent enfin l’humanité, la compassion et le sens élevé de la responsabilité. Et que tu sois rendu, sain et sauf, à l’amour des tiens, dans la lumière retrouvée de la justice et de la dignité.
Abdoulaye Sankara.
