La directrice générale des élections Dame Camara Djenab Touré a présenté ce samedi 31 janvier 2026, dans la salle de réunion du gouvernorat de Kindia, le chronogramme des futures échéances électorales aux administrateurs territoriaux et hommes de médias publics et privés de la région. Ce processus, qui englobe les élections législatives, communales, régionales et sénatoriales, introduit d’importantes innovations tant sur le plan juridique qu’opérationnel.
Selon la directrice générale des élections, les cadres relevant de la DGE ont travaillé sur l’élaboration d’un tableau de bord juridique, et un projet de chronogramme électoral, qui sera soumis aux autorités compétentes chargées de fixer les dates des scrutins.

Le Code électoral prévoit notamment :
La fixation de la date du scrutin à J-90,
L convocation du corps électoral à J-60, ainsi que des délais légaux incompressibles, notamment pour le dépôt des candidatures.
‘’Nous nous sommes conformés strictement aux dispositions du Code électoral. Le chronogramme élaboré tient compte de l’ensemble des exigences légales’’, a précisé Mme Touré.
Un nouveau mode de scrutin verra jour pour les législatives.
L’une des principales innovations concerne les élections législatives. Désormais organisées selon un scrutin uninominal et plurinominal. Certaines circonscriptions pourront élire deux, trois ou quatre députés, en fonction à la fois de la population et de la superficie territoriale.
Ces critères seront déterminés à partir d’une formule élaborée avec l’appui de l’Institut national de la statistique, afin de garantir une meilleure représentativité du territoire national.
‘’Ce n’est plus le mode de scrutin habituel. Il y a un véritable changement et les acteurs doivent s’y adapter’’, a souligné la directrice générale des élections.

Cartes d’électeurs : vers la gratuité des duplicatas
Autre mesure majeure : la prise en charge des électeurs ayant perdu leur carte d’électeur. Bien que la loi prévoie initialement un paiement pour l’obtention de duplicatas, les autorités électorales, après concertation avec les magistrats et les conseillers juridiques, ont décidé de rendre la production des duplicatas gratuite.
Cette opération interviendra à J-40, suivie d’une distribution sur une période de 15 jours, afin de garantir une participation inclusive.
Des élections à plusieurs niveaux
Quant aux élections communales, elles permettront l’élection des conseillers communaux, lesquels éliront ensuite en leur sein le maire et le vice-maire. La campagne électorale durera 18 à 20 jours, selon le type de scrutin.
Les élections régionales se feront par vote indirect. Les conseillers communaux deviendront des grands électeurs chargés d’élire les conseillers régionaux parmi leurs pairs, à l’exclusion des membres de l’exécutif communal.
Enfin, les élections sénatoriales constitueront l’ultime étape du processus.
Un tiers des sénateurs sera désigné par le Président de la République, tandis que les deux autres tiers seront élus par les conseillers communaux et régionaux, après leur installation officielle.
Enseignements tirés des précédents scrutins
L’évaluation des scrutins référendaire et présidentiel a mis en évidence plusieurs acquis, mais aussi des insuffisances.
Parmi les principales faiblesses figure l’alimentation du Registre national des personnes physiques, notamment en raison de l’insuffisante déclaration des naissances.
Les recommandations insistent sur la nécessité de :
-Rapprocher les services d’état civil des citoyens,
-Renforcer les centres de déclaration des faits d’état civil,
-Améliorer la distribution des cartes d’électeurs,
-Mieux vulgariser le Code électoral afin d’éviter l’élimination de candidats pour non-conformité des dossiers.
Des défis persistent également dans la formation des agents électoraux, la centralisation des résultats, la gestion logistique post-électorale et le traitement des recours.
Un appel à l’adaptation et à la sensibilisation
Ce nouveau cycle électoral marque une rupture avec les pratiques antérieures. Il exige une adaptation de l’ensemble des acteurs : administration, partis politiques, société civile et citoyens.
Les autorités entendent renforcer les actions de sensibilisation, notamment dans les zones les plus reculées du pays, afin de garantir un processus électoral inclusif, crédible et transparent.
Le chemin reste long, mais les bases d’un système électoral plus structuré et plus représentatif sont désormais posées.
Depuis Kindia, Amaradji, SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
