Les audiences criminelles ouvertes le Week-end dernier, se poursuivent au Tribunal de première instance (TPI) de Kankan. Ce lundi, le tribunal criminel a examiné le dossier du conflit domanial opposant les habitants de la sous-préfecture de Gberedou Baranama à ceux du district de Sanana, dans la région administrative de Kankan.
Les faits, survenus depuis Septembre 2024, il y a environ un (1) an et six (6) mois, avaient provoqué de violents affrontements ayant causé la mort de trois personnes, dont une à Gberedou Baranama et deux à Sanana. Un enfant mineur avait eu les deux mains sectionnées et plusieurs autres personnes avaient été grièvement blessées.

À l’issue des investigations judiciaires, douze (12) personnes avaient été interpellées. Huit (08) accusés ont comparu lors de l’audience de ce lundi devant le tribunal criminel du TPI de Kankan. Trois d’entre eux ont été entendus à la barre au cours de cette première journée de débats.
Tard dans la soirée, aux environs de 17 heures, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kankan, Fodé Bintou Keita, a fait le point sur le déroulement de l’audience. Il a indiqué que les audiences criminelles avaient débuté depuis la semaine précédente et que les prévenus étaient poursuivis pour meurtres, menaces de mort, coups et blessures volontaires, ainsi que pour complicité.

‘’Ce qu’il faut retenir de manière claire et non équivoque, c’est que les audiences criminelles ont débuté depuis la semaine dernière. Concernant le dossier du jour, les prévenus sont poursuivis pour des faits de meurtres, menaces de mort, coups et blessures volontaires, ainsi que pour complicité. L’audience a effectivement commencé et trois accusés ont été entendus à la barre, tant à charge qu’à décharge. Toutes les parties ont été assistées conformément aux dispositions du Code de procédure pénale. Le parquet se dit satisfait de l’évolution des débats, du professionnalisme du siège, de la défense, de l’accusation et de la partie civile’’, a-t-il déclaré.
Selon le magistrat, les débats se sont déroulés dans le respect des règles de procédure, avec l’assistance des parties par leurs conseils respectifs. Le parquet s’est dit satisfait du déroulement de cette première journée d’audience. Le procureur a également rappelé que l’instruction définitive se fait à la barre et que le procès pouvait réserver des surprises. Il a précisé que le renvoi des accusés devant la juridiction de jugement avait été décidé par le cabinet d’instruction, avant sa prise de fonction, et que le ministère public assumait désormais la charge de l’accusation.
‘’L’instruction définitive se fait à la barre. À ce stade, les débats sont en cours et le procès peut réserver toutes sortes de surprises. Ce n’est pas le procureur de la République qui a décidé du renvoi de ces personnes devant la juridiction de jugement, mais bien le cabinet d’instruction, bien avant notre prise de fonction. Nous avons hérité de cette procédure et nous développons l’accusation. Le moment venu, il y aura les plaidoiries et les réquisitions. La défense a déjà commencé et, si elle dispose d’éléments susceptibles de détruire les charges, elle en fera usage. De notre côté, la charge de la preuve incombe au ministère public. Le tribunal criminel, impartial, délibérera et rendra une décision conforme à la loi’’, a-t-il ajouté.
Abordant les peines encourues, Fodé Bintou Keita a souligné la gravité des faits, rappelant que les infractions reprochées relèvent de la matière criminelle et sont passibles de peines allant de 10 à 30 ans d’emprisonnement, voire de la réclusion criminelle à perpétuité.
‘’Nous sommes en matière criminelle. Dans ce dossier précis, il y a eu la mort de trois personnes et un enfant mineur ayant perdu ses deux mains. Les peines prévues par la loi varient de 10 à 30 ans d’emprisonnement, voire la réclusion criminelle à perpétuité. Il existe une séparation claire entre les autorités de poursuite, d’instruction et de jugement. Nous poursuivons et requérons, et le tribunal rendra sa décision’’, a-t-il conclu.
À travers l’examen de ce dossier sensible, le Tribunal criminel du TPI de Kankan entame un procès très attendu par les populations de Gberedou Baranama et de Sanana. Alors que les débats se poursuivent, toutes les parties restent suspendues à la décision de la justice, appelée à faire la lumière sur les responsabilités et à se prononcer conformément à la loi, dans un contexte marqué par la gravité des faits et l’espoir d’un apaisement durable entre les communautés concernées.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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