Quelles que soient les décisions prises par le président Cellou Dalein Diallo, elles semblent systématiquement se heurter à votre désapprobation. Lorsqu’il se dit ouvert au dialogue, vous criez à la compromission. S’il s’y opposait, vous l’accuseriez aussitôt d’être l’unique artisan du blocage et de refuser toute décrispation politique. En réalité, peu importent ses actes ou ses paroles : pour vous, le verdict est rendu avant même que le débat ne commence.
Mais vous êtes-vous seulement interrogés, ne serait-ce qu’un instant, sur cette question fondamentale : que feriez-vous si vous étiez à sa place ?
Pensez-vous sincèrement qu’il dirige l’UFDG de manière autocratique, en décidant seul et sans concertation ? Ou refusez-vous simplement d’admettre que les orientations du parti sont le fruit d’un processus collectif ? L’UFDG est une institution structurée, régie par des instances délibérantes, des débats internes exigeants et des impératifs politiques complexes.
Si l’on vous confiait, ne serait-ce que pour vingt-quatre heures, la charge des responsabilités qui pèse sur les épaules du président Cellou, beaucoup d’entre vous mesureraient l’abîme qui sépare le commentaire facile de l’action réelle. Vous réaliseriez à quel point il est aisé de juger depuis l’extérieur, et combien il est ardu de diriger, d’arbitrer et d’assumer des choix parfois imparfaits, mais dictés par la nécessité.
Critiquer est à la portée de tous. Comprendre la complexité du leadership, supporter une pression constante et assumer la gravité des décisions politiques exigent rigueur, lucidité et véritable maturité politique.
Maii Kadidia Bah, Xena la Guerrière.
