18 décembre 2023 – 18 décembre 2025 : cela fait exactement deux ans que le principal dépôt des Hydrocarbures de Kaloum s’est embrasé. Si les décombres ont été en partie déblayés et que la vie a repris ses droits dans la commune administrative, une plaie reste béante : celle de la justice. Pour les victimes, l’heure n’est plus à la commémoration, mais à l’exaspération.
Une nuit d’apocalypse gravée dans les mémoires
Il était minuit passé de quelques minutes, ce lundi-là, lorsqu’une explosion d’une violence inouïe a transformé le ciel de Conakry en un brasier orangé. Le bilan humain fut lourd : des dizaines de morts, des centaines de blessés et des dégâts matériels colossaux, laissant des milliers de familles sans toit dans les quartiers environnants de Coronthie et de Tombo.
Aujourd’hui, les visages des rescapés portent encore les stigmates de cette nuit d’horreur. Mais au-delà des cicatrices physiques, c’est le sentiment d’abandon qui domine.
‘’On nous a promis des comptes, on nous a promis la vérité. Deux ans après, nous ne savons toujours pas ce qui a provoqué l’étincelle’’, confie sous couvert d’anonymat un habitant de Coronthie.
L’enquête judiciaire : le point mort ?
Au lendemain du drame, les autorités de la transition avaient pourtant affiché une détermination sans faille. Une enquête judiciaire avait été ouverte pour « incendie volontaire » et « destruction de biens publics et privés ».
Des experts internationaux avaient même été sollicités pour épauler les enquêteurs locaux. Pourtant, force est de constater que le dossier semble s’être enlisé dans les méandres de la procédure : aucun responsable n’a été désigné et aucune interpellation majeure n’a été communiquée. Les causes exactes restent inconnues du grand public.
Des indemnisations en suspens
Si des aides d’urgence ont été distribuées au lendemain de la catastrophe, le compte n’y est pas pour tout le monde. De nombreuses victimes affirment ne pas avoir reçu de compensation à la hauteur des pertes subies. Ce blocage financier est souvent justifié, administrativement, par l’absence de conclusions claires sur les responsabilités de l’incendie.
Un besoin de vérité pour tourner la page
Pour les organisations de la société civile et les collectifs de victimes, ce deuxième anniversaire est celui de trop. L’absence de résultats tangibles alimente les rumeurs les plus folles et fragilise la confiance envers les institutions.
‘’La reconstruction ne doit pas être que matérielle. Elle doit aussi être morale. Et cette reconstruction morale passe par le procès de Kaloum’’, réclame un activiste des droits de l’homme ayant requis l’anonymat.
Alors que Conakry se souvient, une question demeure : jusqu’à quand le silence entourant cette tragédie persistera-t-il ? Les familles des disparus, elles, n’ont qu’une seule exigence : que la lumière soit enfin faite pour que les victimes de Kaloum puissent reposer en paix.
CAMARA Mamadouba, pour Lerevelateur224.com.
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