Avec une population estimée à plus de 3150 habitants, le district de Sekhousoria est composé de 14 secteurs. Il est aujourd’hui confronté à un besoin criard d’infrastructures de base. Cette localité flaquée dans la préfecture de Kindia fait face à un manque d’écoles, de courant électrique, de routes, d’eau potable, de terres non cultivables, de soin de santé.

A ces manquements, s’ajoute l’impact du corridor Simandou sur le district. Une situation qui inquiète les habitants, mais aussi qui empêche le développement socio-économique de la localité. Pour le Président de district, Sekhousoria est dans les oubliettes des autorités.

‘’Avant, notre localité était très fréquentée, mais aujourd’hui, c’est le contraire. De nos jours, pour rejoindre ce village, il faut parcourir des heures. Cependant, de Sekhousoria à Madina oula c’est 25km, mais la route est impraticable et inaccessible. Dès fois, on emprunte la route minière qui très risquée à cause des accidents.
Autre fait, c’est le manque de poste de santé, d’école et d’enseignant, mais aussi les conditions environnementales en raison de l’impact minier. Aujourd’hui, c’est une chance pour nous de voir le passage du corridor Simandou dans notre village et on pensait qu’avec cela, nos problèmes seraient un lointain souvenir’’, a déploré Momo Sylla.
De son côté, Fanta Sylla, Présidente des femmes du district, estime que la souffrance qu’endurent les citoyens de cette localité est énorme et inexplicable.

‘’Nous n’avons même pas un poste de santé pour nous soigner. Quand nos enfants tombent malade ici pour leur envoyer à Madina oula ou si une femme est en enceinte, avant qu’on arrive à Madina oula ou à Kindia, certaines meurent en cours de route. Par contre, d’autres rentrent très fatiguées, parce que avec l’état de la route, nous sommes obligés de lui transporter sur la moto pour arriver vite à destination.
Nous avons deux forages, mais nous sommes plus nombreuses et ça nous suffit pas. Certaines sont obligées de partir dans les marigots, malgré que la plupart de ces marigots sont détruits par les sociétés minières, mais nous n’avons pas le choix de puiser ces eaux.
Concernant nos activités, nous pratiquons les activités agricoles et maraîchères. Mais vraiment, nous sommes confrontées au problème de route. L’acheminement de nos produits agricoles vers Kindia et autres villes est un véritable casse-tête. Dès fois, nos marchandises pourrissent en cours de route, parce si un véhicule fait deux à trois jours sur la route et celle qui arrive à destination n’a plus de valeur escompté. Donc, aux autorités de nous venir en aide car nous souffrons énormément ici’’, a-t-elle lancé.

Selon le conseiller au bureau de la jeunesse, il est temps que les autorités face de Sekhousoria leur priorité. ‘’Imaginez, avec plus 450 élèves, nous n’avions que trois salles et deux enseignants. Ces trois salles, c’est de la 1ère à la 6ème année. Donc, les deux enseignants se partagent les six cycles, c’est-à-dire, trois cycles le matin et les trois autres le soir. Comment nos enfants pourront apprendre dans ces conditions. On avait une école de trois salles, construite par nos aînés, mais qui est délabrée. Donc, on a sollicité auprès des autorités de Madina oula pour sa rénovation, afin de combler le déficit de salles, mais en vain.
Les femmes n’ont pas un hangar pour le marché, ni une maison de jeunes pour la jeunesse. Aux autorités à tous les niveaux de faire face aux préoccupations de Sekhousoria et surtout, de nous aider à avoir le courant électrique. D’ailleurs, les poteaux électriques du corridor Simandou traversent notre localité, mais également certains districts environnants ont déjà le courant. Donc, c’est facile qu’on ait le courant électrique si la volonté des autorités est là’’, a exhorté Fodé Moussa Bangoura.

Pour le président de la délégation spéciale de la commune rurale de Madina Oula, c’est le manque de financement qui retarde la finalisation du poste de santé de Sekhousoria. C’est pourquoi, il sollicite le concours de chacun et de tous pour terminer cette infrastructure sanitaire.

‘’Le district de Sekhousoria, c’est un district qui est nouvellement créé. Donc, concernant le poste de santé, nous avons trouvé que l’ancienne mairie avait envisagé une activité par rapport à ça. A ce jour, il ne reste qu’à terminer ce bâtiment. Donc, quand nous sommes venus, on a mis aussi le bâtiment-là dans les cahiers de charges de la délégation spéciale. Mais comme pour le moment, on attend le financement et dès qu’il y a le financement, on va chercher à finir ce bâtiment, parce que ça a été initié par la mairie, compte tenu de l’afflux des populations dans ce district. C’était un petit village, mais avec le projet du corridor Simandou, il y a eu des populations qui sont venues par-ci et par-là et c’est devenu aujourd’hui un centre de regroupement. Donc, nous demandons le concours de chacun et de tous pour terminer ce bijou’’, a interpellé Elhadj Ousmane Touré.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
