Les enseignants-chercheurs de l’enseignement supérieur ont déclenché une grève générale et illimitée ce lundi 3 novembre 2025, pour exiger l’application d’un décret présidentiel signé en janvier 2024, revalorisant leurs salaires.
Ces enseignants chercheurs pointent du doigt la Fonction publique, d’avoir bloqué la décision du chef de l’État. Sow Mamadou Adama, enseignant-chercheur au département de philosophie et psychopédagogie et secrétaire général de la section syndicale de l’université General Lassana Conté de Sanfonia, ne cache pas sa colère.
‘’Vous savez, lorsque le premier responsable de la République prend une décision pour redonner la dignité aux enseignants du supérieur et que la fonction publique s’hasarde à saboter et à rejeter ce décret, c’est ce qui nous a amené à aller au débrayage. Et pour votre rappel, en janvier 2024, le président de la République a pris une décision très sage en prenant ce décret pour dire qu’il faut redonner la dignité aux enseignants. Depuis janvier, c’est la sixième grève que nous avons su surmonter. Nous ne pouvons pas résister. Parce que là, les enseignants ont dit, si rien n’est fait, il faut qu’on va au débrayage. Maintenant, nous sommes au débrayage’’, a-t-il assuré.
Et de poursuivre : ‘’le 10 octobre, nous avons été à la fonction publique, on a échangé avec les cadres de la fonction publique qui nous ont rassurés que le bulletin de salaire sort. Si le bulletin de salaire sort la fin du mois, si nous ne voyons pas le décret appliqué, nous sommes libres à partir de novembre d’aller en grève. Donc, dans ce sens, le seul responsable de cette grève aujourd’hui, c’est la fonction publique. Donc, la fonction publique ne fait que nous galvaniser et nous donner la force. Mais tant qu’il n’applique pas, nous serons à la maison. C’est ça la vérité. C’est à eux maintenant d’aller répondre pourquoi ils n’appliquent pas’’, a-t-il ajouté.
Selon le syndicat, le mouvement se déroule dans le calme. «On a dit aux étudiants de rester à la maison. Vous avez vu les étudiants que vous voyez devant la cour ici ? C’est des étudiants de la première année. Ils n’étaient pas informés. Ils sont venus, on les a sensibilisés. Vous avez vu ? Nous ici, c’est la civilité à l’enseignement supérieur. Ce n’est pas comme les autres mouvements. Nous, à l’enseignement supérieur, nous sommes la crème du pays. On accompagne l’État, le gouvernement dans le bon sens. »
À l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, comme dans les autres institutions d’enseignement supérieur public du pays, le mot a été suivi comme l’indique le syndicat.
‘’À l’enseignement supérieur, c’est l’union sacrée. Sonfonia ferme, Gamal ferme, Kankan ferme et Kindia ferme , car il n’y a qu’un seul syndicat à l’enseignement supérieur, c’est le SENEASUR. Et vous avez vu, même moustique ne vole pas au sein de l’institution. Tout est fermé. C’est pour vous dire, nous ici, c’est l’union sacrée. Quand tu touches un enseignant, tu as touché tout le corps enseignant du supérieur. Nous sommes unis comme un seul homme. Et cela ne changera pas, ne fait que nous galvaniser. Celui qui vous dit que quelqu’un a enseigné aujourd’hui, je lui lance un défi’’, a-t-il indiqué.
Plus loin, le syndicat dénonce aussi les écarts de salaires entre enseignants guinéens et ceux étrangers.
‘’Regardez, la fonction publique fait un appel à candidature de 300 enseignants-chercheurs pour PhD étrangers. Ceux-ci sont payés à 28 millions par mois. Pourquoi payer un étranger plus qu’un Guinéen ? On a des professeurs d’université ici des rangs A, ils n’ont pas 17 millions. Vous voulez qu’on accepte ça ? Mettez-vous à notre place’’, martèle t-il.
Par ailleurs, le syndicat appelle le chef du gouvernement à intervenir pour dénouer la crise. ‘’Donc, nous, nous demandons au président Mamadi Doumbouya et à son chef du gouvernement, Bah Oury, de faire quelque chose pour nous sortir de cette situation’’, a-t-il conclu.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
