À Tougnifily, une commune rurale située à une cinquantaine de kilomètres du centre urbain de Boffa, le parcours scolaire des élèves relève d’un véritable défi. Chaque jour, ceux venant des villages voisins — Kifinda, Mintany ou encore Monchon — doivent affronter un bras de mer en pirogue pour rejoindre le collège du centre-ville.
Cette traversée quotidienne, à la fois longue et périlleuse, expose ces jeunes à d’importants risques. Le danger s’accroît particulièrement les jours de pluie ou lorsque le vent souffle fort. « Nous avons peur à chaque traversée, mais nous n’avons pas le choix », confie un élève de 9ᵉ année, la voix tremblante avant d’embarquer.
Au-delà du danger, le coût de ce trajet pèse lourdement sur les familles. Chaque élève doit débourser 3 000 francs guinéens par traversée, soit 6 000 francs par jour pour l’aller-retour. Une somme difficile à assumer dans une région où la majorité des habitants vit de l’agriculture de subsistance.
Depuis l’effondrement, en août dernier, du seul pont reliant Tougnifily à Bagataye, la situation s’est encore aggravée. Cette rupture a isolé des villages entiers et rendu la scolarité plus difficile que jamais. Parents, élèves et enseignants vivent désormais dans l’angoisse permanente d’un drame.
« Ce pont est essentiel à notre survie et à l’avenir de nos enfants. Nous demandons à l’État d’accélérer les travaux du nouveau pont en béton », implore un enseignant du collège.
Les travaux de reconstruction, pourtant entamés depuis plusieurs mois, semblent au point mort. En attendant leur achèvement, les élèves continuent courageusement de braver la mer chaque matin, au péril de leur vie, pour défendre leur droit à l’éducation.
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.
