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Lettre ouverte au Général Mamadi Doumbouya

20 octobre 2025
Lettre ouverte au Général Mamadi Doumbouya

Le 5 septembre 2021, la Guinée s’est réveillée avec un souffle nouveau, portée par un espoir qui transcenda les clivages politiques et identitaires. Elle a cru, une fois encore, en la possibilité d’un nouveau départ.

Ce matin-là, sous votre commandement, le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) prit la responsabilité historique de mettre fin à un régime à bout de souffle, dans un contexte marqué par une crise de gouvernance, de démocratie et de violation des règles de droit. Bref, une crise de confiance entre les gouvernants et les gouvernés.

Nos institutions s’étaient éloignées de leur raison d’être, la parole publique avait perdu toute crédibilité, et la corruption s’était incrustée dans les rouages de l’administration publique comme une culture de l’État. Le peuple de Guinée, lassé, éclaboussé, désespéré et désabusé, n’attendait plus grand-chose de la politique et des politiques.

Le pays s’enlisait dans une déchéance morale et politique, où l’espérance se mêlait à la résignation. C’est alors que vous êtes apparu, Mon Général, comme le symbole d’un sursaut, celui d’une refondation nationale tant espérée. Le peuple y vit l’occasion d’un nouvel horizon.

I – L’acte fondateur et les promesses du renouveau

Dès les premières heures de votre prise du pouvoir, vous avez tracé une ligne claire, empreinte d’humilité et de lucidité. Votre discours de prise du pouvoir se voulut clair : la refondation de l’État passerait par la moralisation de la vie publique, la justice sociale et la restauration de la confiance entre le citoyen et ses institutions. Plus loin, vous avez rajouté que ni vous, ni aucun membre du gouvernement, du CNT ou du CNRD ne serez candidat à quelque élection que ce soit. Vous avez promis de ne plus commettre les mêmes erreurs du passé.

Cette parole d’honneur, Mon Général, a résonné comme un serment. Un pacte entre vous et l’histoire. Elle fut reçue par le peuple de Guinée comme un gage d’intégrité, une promesse de rupture avec les cycles d’ambition personnelle et de confiscation du pouvoir qui ont jalonné notre histoire politique de l’indépendance à nos jours.

Sous votre leadership, des projets d’envergure nationale ont été engagés : la réhabilitation des routes, la modernisation des villes, la relance de chantiers structurants, la réforme administrative et l’assainissement des finances publiques. Vous avez également ouvert une lutte courageuse contre la corruption, le détournement des deniers publics et l’enrichissement illicite, ces maux qui ont si longtemps appauvri la Nation et trahi la confiance des citoyens.

Tout cela, Mon Général, a redonné au peuple guinéen un sentiment de dignité, de fierté et la conviction qu’un nouveau chapitre s’écrivait enfin.

II – La rupture systémique et le poids de l’histoire

Mais au-delà des infrastructures et des réformes, vous avez voulu initier une rupture systémique. Vous avez proclamé la fin de l’instrumentalisation des identités ethniques et régionales, de la dictature des partis politiques, et des clivages électoraux qui, depuis l’indépendance, ont souvent divisé la Guinée plus qu’ils ne l’ont servie. Votre discours sur la refondation a porté une idée simple mais puissante : refaire le pacte de la Nation et rebâtir les institutions de la République. Vous avez redonné au citoyen le sentiment d’appartenance à une communauté de destin, avant toute appartenance partisane ou communautaire. Pour la première fois, la Guinée semblait prête à s’élever au-dessus de ses fractures.

Mais, Mon Général, vous savez mieux que quiconque que l’histoire de notre pays ressemble à la malédiction de Sisyphe : à chaque génération, nous roulons le rocher de l’espérance jusqu’au sommet, avant de le voir retomber dans l’abîme de la désillusion. Nos dirigeants ont souvent promis la rupture, avant de succomber à la tentation du pouvoir, à l’ivresse de la durée, ou à la logique du parjure. Ainsi, la parole donnée a perdu son poids, et les textes censés encadrer la vie publique ont souvent été trahis par ceux-là mêmes qui les avaient proclamés.

Mon Général, l’histoire de notre pays nous enseigne que les dirigeants ne tombent pas toujours par la seule faute de leurs décisions, mais souvent parce qu’ils sont trompés, flattés, puis trahis par ceux qui prétendent les servir. Ces courtisans de circonstance, qui vivent de la faveur du pouvoir, savent chanter les louanges du Chef jusqu’à lui faire croire que sans lui, le pays s’arrêterait de respirer. Ils murmurent à son oreille que tout lui est permis, qu’il est l’élu de l’Histoire, l’homme providentiel. Et par peur de perdre leurs privilèges, leurs positions et leurs avantages, ils le poussent à violer ses propres serments, à confondre légitimité et éternité.

Mais l’histoire est implacable : les mêmes qui acclament un dirigeant au sommet du pouvoir sont souvent les premiers à l’abandonner dans la chute, comme on jette un fardeau devenu inutile. C’est ainsi qu’Alpha Condé fut isolé après avoir brisé son serment, mettant ainsi à l’eau tout son combat de près de la moitié d’un siècle et que le Capitaine Dadis Camara fut abandonné à son sort. Tous les deux sont victimes de ceux qui nourrissent le pouvoir sans jamais avoir le courage de servir le peuple. En effet, les preuves sont là, vivantes et palpables. Vous n’avez nullement besoin de les chercher ailleurs.

III – L’heure du choix : rompre le cycle du parjure

Mon Général, aujourd’hui, vous êtes le seul à pouvoir rompre ce cycle tragique, celui de la violation de la parole donnée et du mépris de l’esprit des textes. Vous avez entre vos mains une opportunité rare dans l’histoire d’un peuple : celle de vaincre la fatalité politique et de redonner à la Guinée foi en la parole d’État.

Vous avez encore le temps de résister à la tentation du pouvoir, de repousser la mélodie trompeuse des sirènes du parjure, et de prouver que la grandeur d’un homme d’État se mesure non pas à la durée de son règne, mais à la force de son renoncement. Si vous restez fidèle à l’engagement du 5 septembre 2021, vous ne serez pas un chef parmi d’autres, mais le fondateur d’une ère nouvelle, celui qui aura brisé le sort de Sisyphe et ouvert la voie à une démocratie apaisée, juste et durable.

Le pari de l’histoire

L’histoire ne retient pas toujours les conquérants, mais elle se souvient éternellement des hommes de parole. Ceux qui ont su s’effacer pour que leur peuple avance. Ceux qui ont préféré la légitimité morale à la légalité d’un texte cousu sur mesure. Mon Général, votre nom porte désormais un poids symbolique immense. Votre seul refus de céder à la tentation des privilèges du pouvoir peut tout changer : l’ambition et les intérêts personnels, les erreurs de l’histoire, la crise morale d’une Nation en quête d’elle-même.

La Guinée vous regarde, elle vous écoute, elle espère encore. Et si, par fidélité à votre serment, vous choisissez la voie de la grandeur, alors le 5 septembre 2021 ne sera pas une parenthèse, mais un acte de renaissance nationale.

Avec respect et espoir,

Aly Souleymane Camara

Un citoyen guinéen qui garde encore l’espoir que votre seul Non peut tout changer !

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