Un affrontement a eu lieu le 30 septembre dernier, dans une mine d’or artisanale de Didi. Il impliquait les bureaux de districts et les sages et était centré sur le recouvrement des taxes dans les mines. Cet affrontement d’une violence sans précédant, a occasionné plusieurs cas de blessés et l’interpellation d’au moins 12 personnes.
Depuis longtemps, les mines d’or artisanales de didi appartiennent aux sages du village qui y déploient des missionnaires dans les mines pour le recouvrement. Mais selon nos informations, lors d’une rencontre tenue le 29 septembre dernier entre les autorités préfectorale, communale et celles des districts de didi, sur le conflit lié aux recettes minières, le préfet aurait reconnu de droit les bureaux de districts et la commune de didi dans la perception, recouvrement et la gestion des taxes. Chose que les sages ne comptent pas accepter.
Le doyen Ansoumane Kebe, interrogé par notre correspondant, évoque un cas d’injustice dans l’interpellation des jeunes après cet affrontement.
‘’Nous avons entendu que le préfet a signé un papier qu’il ne reconnaît que les bureaux des districts et la commune dans la perception et le recouvrement des taxes dans les mines. Nous n’accepterons jamais cette décision, parce que la réunion que nous avons tenue avec le préfet, il a été conclu que, nous les sages acceptons d’associer nos « tomboloma » avec deux personnes des bureaux de districts et deux personnes de la commune pour faire les recouvrements. Le doyen de Siguiri, Elhadj Dramane Magassouba est notre témoin, il était au tour de la table. Mais après ça, s’ils ont fabriqué un autre papier, en nous excluant dans le recouvrement, que nous avons accepté ça, cela n’est pas vrai, on n’a pas été associés et on ne va jamais accepter ça. Parce que, dans tous les villages environs, les mines appartiennent aux doyens qui font le recouvrement et donne les pourcentages des bureaux de districts et la commune.
En plus, nos jeunes qui ont été agressés et blessés. Ils sont admis à l’hôpital préfectoral de Siguiri, certains parmi eux ont été arrêtés et emprisonnés. Quelle injustice ! Nos jeunes qui ont été agressés, c’est eux qui sont encore été arrêtés. Toutes les 12 personnes arrêtées par le procureur sont nos enfants. Je pense que, quand il y a affrontement entre deux groupes, vous arrêtez les gens dans les deux côtés’’, s’est-il indigné.
De son côté, le président du district de Didi 1, Madou Dramé donne sa version des faits. ‘’Après la décision du préfet, nous confiant le recouvrement dans les mines, comme précise l’administration, les sages ont envoyé des jeunes pour brigander nos hommes dans les mines, avec des lance-pierres et d’autres armes blanches, c’est eux-mêmes qui se sont blessés là-bas.
Depuis notre installation le 13 janvier, jusqu’au mois d’août 2025, les pourcentages qui devraient venir au compte des trois districts de didi s’élèvent à un milliard et quelques millions de nos francs. On les a demandés de nous donner cette somme pour qu’on puisse construire une école franco-arabe, ils nous ont dit qu’il n’y a pas d’argent. Quand on a informé le préfet, c’est ainsi qu’il a dit de laisser le recouvrement aux bureaux des districts’’, a-t-il soutenu.
Jusque-là, le préfet de Siguiri, accusé à tord ou à raison, n’a pas pris la parole. Toutes nos tentatives de l’avoir sont restées sans succès. Du moins, pour le moment.
Depuis Siguiri, Ibrahima Faraba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
