La République de Guinée se dotera le 11 octobre prochain, d’une Fédération Nationale d’E-Sports de Guinée (FENEG). En prélude à ce rendez-vous, les responsables de cette nouvelle fédération étaient face à la presse ce samedi 4 octobre 2025, à la maison commune des journalistes, pour non seulement annoncer les couleurs de cet événement, mais aussi évoquer la pratique de cette discipline sportive en Guinée.
Le sport électronique (en anglais electronic sport, abrégé en e-sport), ou encore le jeu vidéo de compétition, est la pratique sur internet ou en tournoi sur réseau local d’un jeu vidéo, seul ou en équipe, sur ordinateur ou sur console de jeux vidéo. Son essor commence à la fin des années 1980 avec les premiers jeux en réseau multijoueur et, à partir des années 1990, sur internet. Au cours des années 2000 et 2010, il acquiert de plus en plus de notoriété, et des tournois dotés de prix importants commencent à apparaître sur la scène internationale.

Les meilleurs adeptes mondiaux du sport électronique se rencontrent lors de tournois officiels, organisés par exemple par l’eSports World Convention (ESWC), la Major League Gaming (MLG), la Cyberathlete Professional League (CPL) ou encore l’Evolution Championship Series (EVO), pour ne citer que quelques organisateurs.
Dans sa communication, Amadou Bayo, membre fondateur d’e-sport en Guinée, après avoir fait une brève définition de ce sport, a indiqué que leur ambition aujourd’hui est de structurer et développer la pratique de ce sport en terre guinéenne.

‘’Maintenant, je vais vous parler en bref d’e-Sport, parce que si on demande à chaque guinéen c’est quoi le e-sport? Il va penser directement que c’est du PlayStation…(rires). Je vais vous dire que c’est une industrie qui est assez globale, plus large que ce qu’on pense. Le e-sport c’est une industrie qui génère en ce moment plus de 3,2 milliards de dollars par an, avec une croissance estimée à 5,6 milliards de dollars pour l’année 2025. Et c’est l’un des sports qui attire le plus de spectateurs. Imaginez qu’en 2022, la finale de Poggle League a attiré plus de 500 millions de spectateurs. Ce qui démontre l’intérêt des jeunes pour le e-sport’’, a-t-il déclaré.
Revenant sur l’état des lieux d’e-sport en Guinée, il a indiqué parlé plutôt d’une pratique assez informelle formelle. Un sport qui se joue encore dans les quartiers, dira-t-il.
‘’L’état des lieux d’e-sport en République de Guinée, quand on vient en Guinée, c’est une pratique assez informelle. Ça se joue encore dans les quartiers, dans les concessions. Il y a certaines structures qui organisent des compétitions à l’échelle nationale ou à l’échelle de Conakry pour aussi essayer d’attirer les talents vers l’e-sport. C’est ce qui fait que nous avons pris l’engagement avec le gouvernement et leurs politiques sportives nationales d’encadrer, de structurer et de développer l’e-sport en République de Guinée.
En quoi faisant? Nos différents axes, nos différents objectifs s’articulent autour de deux plans : premièrement, nous voulons développer l’industrie de l’e-sport en Guinée. Et secundo, nous voulons utiliser l’e-sport comme levier pour stimuler l’intérêt des jeunes sur les métiers du numérique. Parce que vous savez tous, que les métiers du numérique sont en pleine expansion. Il y a des jeunes designers, il y a des jeunes concepteurs 3D, il y a des streamers. Tous ces métiers-là sont des métiers qui sont en lien direct avec les gamers. Et aussi, nous sommes tous globalement des gamers. Donc, le second plan, c’est dans la structuration globale de la gouvernance de notre fédération avec la création d’une ligue des licences et des agréments. Parce que à l’heure où on parle, aucun joueur licencié guinéen de l’e-sport, nous voulons aller au-delà de ça pour permettre aux jeunes de réaliser leurs rêves en devenant des vrais gamers. Pas des gamers seulement chez eux, mais des vrais gamers’’, a-t-il annoncé.
Abordant dans le sens, Séga Diallo, également membre fondateur de la fédération nationale d’e-sports de Guinée, a laissé entendre que l’objectif de la création de cette fédération, est de structurer ce sport en Guinée.

‘’Nous avons un pays où il y a énormément de jeunes, où il y a beaucoup de challenges pour l’Etat et les associations. Donc, nous sommes une structure qui va appuyer les structures étatiques à organiser, à structurer la pratique de cette discipline, mais aussi, comme l’ambition des autorités, faire des métiers du numérique un levier important de développement dans le cadre du programme Simandou Académie qui est en train d’être mis en place par les autorités. C’est un aspect assez important pour nous de pouvoir contribuer à fabriquer de jeunes guinéens compétents qui vont exporter leur expertise dans des métiers aussi divers que variés qui sont liés au numérique. Dans ce cadre-là, notre politique va développer autant de joueurs, des gamers, mais aussi autant de talents dans différents domaines des métiers du numérique.
Aujourd’hui, on voit l’impact qu’a l’Inde dans le secteur de l’informatique et d’autres pays. Si nous voulons essayer d’exister dans ce domaine-là, il faut qu’il y ait des structures qui puissent travailler dans ce sens-là. La Guinée n’est pas le seul pays qui a des ambitions pour cette discipline.
Il y a des pays comme l’Arabie Saoudite qui ont mis des programmes en place et qui mettent en place des compétitions de très haut niveau pour espérer être des pays pionniers dans cette pratique-là. Nous aussi, on essaie de s’en inspirer, de faire en sorte que notre pays puisse, dans ce secteur-là, avoir son mot à dire et s’organiser. C’est dans ce cadre-là, le lancement qui aura lieu le 11 octobre prochain, va nous permettre de présenter ce projet ambitieux aux autorités, à nos partenaires, aux différentes fédérations qui sont en Guinée, pour que l’on sente et que l’on voit où est-ce qu’on veut aller’’, a renchéri l’ancien vice-président du Comité de normalisation de la fédération Guinéenne de football.

A noter que, le sport électronique à haut niveau est souvent financé par les sponsors et par les revenus générés par la diffusion en streaming qui incluent souvent de la publicité.
CAMARA Mamadouba, pour Lerevelateur224.com.
(+224) 611 460 410
