Le 5 septembre 2021 marquait un tournant majeur dans l’histoire politique de la Guinée. Le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD), dirigé par le colonel d’alors Mamadi Doumbouya, prenait le pouvoir à la suite d’un coup d’État renversant le président Alpha Condé, ce dernier étant en plein troisième mandat.
Quatre ans plus tard, ce 5 septembre 2025, les militaires célèbrent leur quatrième année à la tête du pays. À Boké, comme ailleurs en Guinée, les citoyens réagissent, chacun avec son opinion sur cette transition militaire.
‘’Ils ont fini beaucoup de projets qui dormaient. Même si c’est sous Alpha que ça a commencé, c’est Doumbouya qu’on voit’’, affirme Marie Louise Ndiaye, citoyenne de Kamsar. Comme beaucoup d’habitants de Boké, elle reconnaît des avancées visibles ces quatre dernières années. Mais, prévient-elle aussitôt : « Ils n’ont pas vraiment de projet propre. »

Dans cette région minière stratégique de la Guinée, les opinions sur le bilan du CNRD, arrivé au pouvoir le 5 septembre 2021, sont aussi diverses que tranchées. Sur les trottoirs de Kamsar et les places publiques de Boké, les discussions tournent autour des routes, de l’électricité, des emplois… mais aussi de la démocratie toujours en suspens.
Sékou Camara, lui, se montre plus critique. « Ce que je déplore, c’est le non-respect de la convention collective des mines et carrières. L’État devrait exiger des entreprises qu’elles respectent ce qu’elles ont signé. Il y a des droits qu’on attend encore d’avoir », indique cet autre citoyen.
Salif Keita, coordinateur du Collectif des Jeunes Leaders de Kamsar, se veut plus positif. « Quand tu regardes les routes, les logements sociaux, ce sont des choses que les citoyens attendaient, et le CNRD y a répondu. Beaucoup de jeunes ont aussi trouvé des emplois dans les mines, l’armée, l’éducation. Maintenant, on demande à l’État de faciliter encore plus notre insertion, surtout dans les zones minières », s’est-il réjoui.
Pour Mamadou Lamara Bah, coordinateur régional de la MAOG (Maison des Associations et ONG) à Boké, le bilan est nuancé. « Le 5 septembre est une date importante pour nous. En quatre ans, tout n’a pas été rose. Il y a eu des avancées dans l’électricité et les routes ici à Boké. Ce sont des choses qui ont amélioré notre quotidien. Mais sur le plan politique, les lignes n’ont pas beaucoup bougé », assure-t-il.
Les citoyens de Boké voient le béton, les lampadaires et les projets d’antan enfin achevés. Mais derrière ces progrès tangibles, une impatience monte : à quand le retour à l’ordre constitutionnel ?
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.
