Depuis sa publication le 30 juin dernier, le Projet de Nouvelle Constitution continue de susciter de vives réactions au sein de l’opinion publique nationale. Si certains guinéens approuvent d’emblée le contenu des 199 articles de ce texte, d’autres par contre estiment que ce projet de nouvelle Constitution est taillé sur mesure, dans le seul but de permettre au Général Mamadi Doumbouya de rester au pouvoir.
Se prononçant sur cette actualité à l’occasion de l’assemblée générale hebdomadaire de son parti tenue ce samedi 19 juillet 2025, Souleymane Souza Konaté, coordinateur de la cellule de communication de l’UFDG, a vigoureusement dénoncé la non prise en compte des préoccupations de la classe politique guinéenne dans ce projet de nouvelle constitution.
‘’L’élaboration de cette constitution doit obéir à un certain nombre de rigueurs. Dans une période de transition, nous avons l’habitude de dire à toutes les occasions que personne n’a la légitimité, personne n’a la légalité pour engager notre peuple. C’est par le biais des concertations, c’est par le biais du dialogue qu’on peut arriver à trouver solution à nos problèmes et élaborer une constitution qui nous rassemble. Pas une constitution qui nous divise, pas une constitution qui méprise une bonne partie de l’opinion publique nationale. On peut ne pas aimer ces trois (3) formations politiques, mais les dernières élections nationales que nous avons eues dans le pays, ont suffisamment démontré que les trois principales formations politiques en Guinée qui bénéficient de l’adhésion de 95% de l’électorat de notre nation, c’est bien sûr l’UFDG, le RPG et l’UFR. Vous ne pouvez pas faire une constitution et mettre à l’écart cette grande majorité de Guinéens et s’attendre à la paix et s’attendre à ce que les Guinéens vont accepter cette constitution. Les Guinéens ne l’accepteront pas’’, a-t-il dénoncé.
C’est pourquoi, à l’ANAD et les Forces Vives de Guinée, poursuit-il, ‘’nous avons sorti une déclaration pour rejeter fermement ce projet de constitution, parce que ça n’engage personne, ça n’engage qu’une minorité de gangsters dont la seule responsabilité aujourd’hui est de conduire notre nation dans le décor. C’est ce que nous continuons à dénoncer, c’est ce que nous continuons à refuser. Nous ne rejetons pas aussi parce que nous voulons simplement rejeter. La charte de la transition a été élaborée en catimini par le CNRD. Cette charte a été imposée aux Guinéens, personne n’a été consulté. Mais puisque la charte reprenait les grandes dispositions, en tout cas, le vœu, le souhait de la grande majorité des Guinéens, tout le monde a laissé passer. Parce qu’on a dit démocratie, on a dit justice, on a dit droits humains, on a dit que le baromètre pour évaluer les formations politiques et pour accéder à la magistrature suprême, ce ne sont plus les armes, mais c’est par les urnes que les Guinéens doivent choisir l’homme ou la femme capable de conduire leur destinée. Ça, c’est notre combat à nous, à l’UFDG. Donc, on a accepté la charte de la transition. Dans cette charte, il est écrit noir sur blanc, dans les articles 46, 55 et 65, que ni le président de la transition, ni les membres des organes de la transition ne peuvent être candidats à aucune élection à l’issue de la transition.
Cette disposition est une garantie de la charte africaine de la démocratie et de la bonne gouvernance que notre pays a volontairement ratifiée. Dans cette charte, notamment les articles 25 aliéna 4, il est dit que lorsque vous opérez un coup d’État, vous n’êtes pas concerné par rapport aux élections qui doivent sanctionner le retour à l’ordre constitutionnel. Mais aujourd’hui, l’avant-projet de constitution proposé par le CNT et validé par le CNRD dit clairement que ces verrous là doivent sauter. À l’UFDG, à l’ANAD et aux forces vives de Guinée, nous ne sommes pas d’accord, et on l’a clairement matérialisé. Le moment venu, les dispositions actives vont être prises pour que nous puissions nous opposer activement à ce fameux projet de constitution taillé sur mesure pour satisfaire les ambitions personnelles d’un seul individu’’, a-t-il indiqué.
Plus loin, Souleymane Souza Konaté a décortiqué le projet de nouvelle constitution. ‘’Dans cette fameuse constitution également, on garantit totalement l’impunité aux anciens chefs d’État. A l’UFDG et à l’ANAD, nous ne sommes pas d’accord. Lorsque vous gérez une portion de responsabilité dans notre pays, vous avez l’obligation de rendre des comptes’’, a-t-il dénoncé.
CAMARA Mamadouba, pour Lerevelateur224.com.
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