La fermeture de ces unités de production d’eau figure parmi les meilleures décisions prises par les autorités. Reste à espérer que son exécution soit effective et sans compromis.
Avec tout le respect que je dois, il faut le dire clairement : près de 90 % des usines de production d’eau dans la préfecture de Kankan ne respectent pas les normes sanitaires et hygiéniques en vigueur.
Il y a un an, j’ai acheté un sachet d’eau pour étancher ma soif. À ma grande surprise, ce sachet contenait des débris visibles à l’œil nu ( j’ai la vidéo avec moi jusqu’à présent).
Immédiatement, j’ai tenté de contacter le producteur pour lui présenter l’échantillon. Je me suis même rendu sur leur site, mais ils ont refusé de me recevoir. Je tairai leur nom, mais les faits sont là ( j’ai encore la vidéo comme élément de preuve ).
À travers mes propres enquêtes, j’ai constaté que la majorité des unités de production d’eau implantées dans la région ne respectent aucune mesure d’hygiène. Leur priorité est davantage le gain financier que la santé publique.
Le plus inquiétant, c’est que je me demande si le service national de contrôle qualité fonctionne réellement.
Trop souvent, n’importe qui peut se lever un matin, sans aucune étude de faisabilité (qualité du sol, fiabilité des machines, conditions d’hygiène…), et installer une unité de production. Ces usines sont trop nombreuses dans les zones minières comme Siguiri et ses environs.
Ces installations polluent l’environnement, nuisent aux animaux et détériorent la santé des populations. On dirait que certains opérateurs agissent comme si l’État n’existait pas, foulant aux pieds toutes les normes sanitaires.
D’ailleurs, selon une enquête du WWF, les déchets plastiques causent chaque année la mort de plus d’un million d’oiseaux marins et de plus de 100 000 mammifères.
Une fois dans les décharges, ces plastiques interagissent avec l’eau pour produire des substances hautement toxiques. Cela montre combien le recyclage doit être encouragé et généralisé à l’échelle nationale.
Ces eaux ne répondant aucune mesure sanitaire peuvent être responsables des maladies gastroentérites telles que la diarrhée, l’ulcère, la typhoïde à court terme. Mais également à long terme, les consommateurs peuvent se retrouver dans un tableau de cancers.
Pire encore, certains de ces producteurs bénéficient d’une complicité manifeste de certaines autorités sanitaires et administratives. Il suffit de les confronter pour s’en rendre compte : ils pensent être protégés.
Je n’ai aucun doute qu’ils tenteront de corrompre certains cadres pour bloquer l’application de cette nouvelle décision. Mais nous espérons, pour une fois, que le gouvernement sera ferme, rigoureux et inflexible dans l’exécution de cette décision présidentielle.
La santé de notre population doit primer sur les intérêts particuliers.
Dr. Karamo Kaba
Spécialiste en santé publique
Auteur des livres
-Au prix de la vocation
-Les secrets du couple
📨tatakaba66@gmail.com
