À quelques jours de la célébration de la fête de Tabaski prévue le 10 du douzième mois du calendrier musulman, l’inquiétude grandit chez les fidèles de Kissidougou, par rapport à la flambée des prix des moutons, animal indiqué selon la tradition musulmane, pour servir de sacrifice à l’occasion de cette fête.

Au niveau du centre dénommé »Dral », situé au quartier Madina 1 et réputé comme le plus grand marché de bétail de la ville, les prix de moutons oscillent entre 1 million et 4 millions de nos francs, selon le poids ou la qualité de l’animal. Sur place, les marchands de bétail à l’attente des rares clients, se plaignent de la morosité de leur activité. Mais pour Ibrahima Baldé qui exerce cette activité depuis des années, il est trop tôt de parler de la morosité.

‘’Ça fait maintenant des années que je suis dans ce business, donc, j’ai de l’expérience. Bien sûr aujourd’hui, je peux dire que les clients sont rares, mais j’ai grand espoir que demain ou après demain, vous allez voir de nombreux acheteurs ici. Vous savez, les gens ne veulent pas acheter les moutons très tôt à cause des voleurs, ils attendent jusqu’à 48 heures ou bien à 24 heures de la fête. Donc, je veux dire que ce n’est pas à cause des prix que les gens ne viennent pas, c’est sûr qu’ils viendront à la dernière minute’’, a-t-il nuancé.
Abordant le sujet des prix, notre interlocuteur a tenté de défendre sa corporation en ces termes : ‘’je pense que beaucoup de gens nous accusent à tort d’être à l’origine de la flambée des prix. Quand nous nous déplaçons parfois vers les marchés hebdomadaires pour acheter ces animaux, les villageois nous revendent très chers, ensuite, nous devons payer leurs transports pour les amener en ville et c’est nous qui devrons entretenir ces animaux tout le temps qu’on mettra avant de trouver un acheteur. Souvent, il y a des villageois qui envoient les moutons jusqu’ici, mais ils sont tellement chers que nous sommes parfois découragés. Ensuite, il y a les maliens qui envoient des moutons. C’est pourquoi, ici, les prix sont échelonnés pour que chacun gagne selon ses moyens. Il y en a pour 1 000 000, il y a 1 500 000, il y a 2 millions et jusqu’à 4 millions 500’’, s’est-il défendu.

Quant aux rares clients qui viennent sur les lieux, beaucoup se retournent bredouille. C’est le cas de Ibrahima Cissé. ‘’Ça plus d’une heure que je discute le prix d’un mouton que je veux acheter, mais jusqu’à présent, il n’y a pas d’entente. Le mouton que j’ai choisi, le marchand me parle de 2 millions 500 et je lui ai demandé de diminuer au moins jusqu’à 1 million 800, mais il refuse. Donc, je vais me retourner chez moi et je vais me débrouiller autrement, parce que je ne vais jeter toute mon économie dans le mouton, il y a d’autres dépenses sur moi’’, a-t-il témoigné dans un ton émotif.
Toutefois, ces marchands de bétail regroupés au sein d’une association ont profité de notre présence pour exposer les nombreuses difficultés auxquelles ils sont confrontées et qui menaceraient d’ailleurs leur activité. Au nombre de ces soucis, figurent entre autres : la tracasserie des vétérinaires, le manque de bâtiments servant d’enclos, le manque de forage etc.
À rappeler qu’en guise d’alternative à cette flambée des prix des moutons, de nombreux fidèles s’associent pour acheter un bœuf, qu’ils se partagent équitablement la viande pour passer la fête.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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