Les musulmans s’apprêtent à célébrer la fête de Tabaski à travers le monde. Mais avant, c’est la course contre la montre dans les marchés. Certains, pour s’offrir du bétail, tandis que d’autres, pour se trouver des habits de fête. Justement, parlant d’habits, dans la commune urbaine de Kindia, des vendeuses ont déploré ce mardi 3 juin 2025, à notre correspondant régional, une rareté de la clientèle.

Dans la ville des agrumes, la rareté de la clientèle et le manque d’écoulement des marchandises, deviennent préoccupants pour les vendeuses du marché avaria. Rencontrée, Rabiyatou Camara qui a importé des marchandises espérant qu’elles soient écoulées à cette approche de la fête de Tabaski, voit le contraire. Aujourd’hui, elle ne sait quoi faire.
‘’Nous sommes là, mais il est difficile d’avoir même un client. Dès fois, il y a des jeunes garçons qui sont aussi là à surveiller nos marchandises, pour pouvoir nous voler. Les clients veulent acheter, mais quand tu leur dis le prix, difficilement tu vas gagner ton gain et d’autres aussi c’est le même prix que tu as acheté les marchandises que tu revends, pour ne pas rentrer à la maison avec les mains vides, parce que nous avons une famille et c’est à travers ces petites ventes qu’on peut subvenir à nos besoins quotidiens’’, a-t-elle expliqué.

La conjoncture économique qui secoue le pays est un autre facteur de la rareté des clients à l’approche de la fête de Tabaski à Kindia. C’est ce que fait savoir Mbalia Camara, une autre vendeuse.
‘’Les clients ne fuient pas parce que les prix sont élevés, mais parce qu’ils n’ont pas d’argent. C’est à cause du manque d’argent qu’ils ne viennent pas pour acheter et il y a certains, même s’ils arrivent à aimer la marchandise, ils vont la regarder longtemps. Mais comme ils n’ont pas d’argent, ils sont obligés de laisser tomber et de partir. Parfois, tu es obligé de donner ta marchandise, même si ce n’est pas le prix exact, juste pour ne pas perdre’’, a-t-elle fait savoir.

Chez cette autre vendeuse, c’est la peur au ventre. C’est du moins ce qui se lit sur le visage de Fatoumata Bangoura.
‘’Vraiment, avec cette conjoncture économique qui frappe notre pays et certains citoyens ne sont toujours pas payés. C’est ça qui empêche beaucoup l’écoulement de nos marchandises. Sinon, d’habitude, ce moment arrivera qu’on a vendu au moins 2 à 3 marchandises commandées. Mais cette fois-ci, rien n’est pas acheté. Il y a des clients qui viennent demander, mais ils n’achètent pas, faute d’argent. Au jour d’aujourd’hui, c’est la crainte et la peur au ventre, parce que les fournisseurs sont derrière nous, alors que les marchandises ne sont pas écoulées. Donc, on ne sait pas si on pourra respecter notre engagement vis-à-vis de nos fournisseurs. Nous ne vivons que de la vente pour subvenir aux besoins familiaux’’, s’est-elle lamentée.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
