En Afrique, l’histoire politique est jalonnée d’interventions militaires qui, sous couvert de restaurer l’ordre, finissent par s’éterniser au pouvoir. La Guinée, depuis le 5 septembre 2021, illustre tristement cette réalité.
Une transition qui s’éternise
Le 5 septembre 2021, le général Mamadi Doumbouya renversait le président Alpha Condé, promettant une transition rapide vers un régime civil. Trois ans plus tard, ces promesses restent lettre morte. Le calendrier électoral est flou, et les engagements envers la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ne sont pas respectés. Les manifestations sont interdites et les médias critiques sont fermés.
Une gouvernance opaque.
Malgré l’annonce d’une « opération transparence », les affaires de corruption impliquant certains proches du pouvoir sont classées sans suite, la justice doit être juste, équitable et indépendante sinon elle sape la confiance des citoyens.
L’oubli du chemin du retour
Le général Doumbouya, initialement président de la transition, est désormais désigné comme président de la République, avec tous les mouvements de soutien qui naissent de gauche à droite.
Une administration au service d’une candidature qui est pourtant interdite, une fois sortie de la caserne, l’armée oublie le chemin du retour.
Un appel à la responsabilité
Il est impératif que le président Doumbouya tienne ses engagements en organisant des élections libres et transparentes. La Guinée mérite une gouvernance civile, respectueuse des droits et des libertés.
L’Afrique ne peut progresser que si ses dirigeants respectent la volonté du peuple.
Aboubacar Big-up KABA.
