Alors que les activités du programme national de recensement administratif à vocation d’état civil (PN-RAVEC) se poursuivent depuis le 15 avril sur l’ensemble du territoire, des voix commencent à s’élever pour dénoncer les inégalités qui entourent le processus. C’est le cas du Dr. Faya Millimouno, président du parti Bloc Libéral.
En marge d’une conférence de presse qu’il a lui-même animée au siège de son parti ce samedi 10 mai 2025, le leader du BL a exprimé son indignation face à la répartition des kits de recensement biométrique, après avoir mené des enquêtes à travers le pays.
Selon lui, la répartition des kits de recensement biométrique à l’intérieur du pays manque de transparence et d’équité.
‘’Lorsque nous avons une administration qui est composée d’hommes et de femmes embauchées par le peuple de Guinée pour faire le travail du peuple de Guinée, fermer les bureaux pour aller à des manifestations politiques, c’est déjà un signal qu’on ne peut pas faire confiance à une telle administration. Et ce que nous sommes en train d’avoir aujourd’hui comme chiffre venant de l’intérieur, parce que c’est le gouvernement seul qui s’est assis et qui a décidé à travers ses organes techniques combien de kits on va envoyer à Coyah, combien de kits on va envoyer à N’Zérékoré, combien de kits on va envoyer à Siguiri. Alors que tout le monde devait être autour de la table. On n’est pas un territoire abandonné’’, a-t-il fulminé.
Et de poursuivre : « Nous sommes une République qui a déjà 66 ans d’existence. Et nous, nous gardons les chiffres. C’est pour cela que tous les chiffres que nous avons ici sont vérifiables. Lorsque vous prenez les chiffres que nous avons sur le recensement général de la population et de l’habitat de 2014, allez sur le site de l’institut de statistiques, vous trouverez les mêmes chiffres. Donc, notre intérêt ici, c’est que nous ayons, dans un processus électoral, un traitement égal pour chaque citoyen. Et la garantie de cela aurait pu être obtenue si seulement, si, on avait considéré que nous sommes dans une République’’, a-t-il ajouté.
Plus loin, il souligne également le manque d’inclusivité dans le processus. ‘’Il y a des partis politiques qui seront des compétiteurs demain. Ils devaient être autour de la table. Parce qu’il y a quelque chose qu’il faut préciser tout de suite. Il y a des gens qui nous rétorquent quand on dit qu’on ne peut plus faire confiance à l’administration. Ils vont dire : quand la période transitoire a commencé, les acteurs politiques avaient dit que le ministère de l’Administration du Territoire organiserait les élections. Ça, c’est entré dans le compte de l’engagement solennel du président Doumbouya quand il a dit devant les caméras nationales et internationales que ni lui, ni aucun membre du CNRD, du gouvernement, du CNT ne seraient candidats aux élections mettant fin à la période transitoire’’, a-t-il précisé.
Mais, selon Dr. Faya Millimouno, les faits actuels contredisent ces promesses tenues lors de la prise du pouvoir. ‘’Aujourd’hui, où est-ce que notre argent est en train d’aller ? On est en train de susciter une candidature. C’est comme si on considérait que le président Mamadi Dumbuya est en train de dormir, il faut le réveiller, pour lui dire : si vous ne vous présentez pas, comme on a dit à Alpha Condé il y a quelques années, le mal c’est que les mêmes qui ont dit à Alpha Condé hier que s’ils quittaient le pouvoir, le pays serait tombé dans les mains des mécréants, c’est eux qui sont en train de courir très vite à la lumière, pas pour voir clair, mais pour se faire voir’’, a-t-il fustigé.
Pour le leader du Bloc Libéral, la solution est claire. ‘’Si nous voulons avoir un fichier électoral consensuel, si nous voulons avoir des élections qui seront acceptées par tous les compétiteurs, les choses doivent se faire de façon inclusive, de façon crédible. Or, nous sommes loin de ça aujourd’hui. Voilà la raison pour laquelle, nous vous avons fait venir pour vous donner cette information pour qu’à travers vous, le peuple de Guinée comprenne que si on critique la classe politique de contester, c’est parce que des raisons objectives sont en train d’être mises en place pour la contestation qui interviendra’’, a-t-il averti.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
