Le procès en appel du Dr. Mohamed Diané s’est poursuivi ce jeudi 8 mai 2025, devant la chambre d’appel de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Après la phase des questions sur la justification des biens du prévenu, la partie civile a demandé la comparution des enfants et de la femme du Dr. Diané pour justifier l’acquisition des biens à eux attribuer.
Selon Me. Baben Camara, les noms de ces personnes ont juste été utilisés par le prévenu en prête-noms pour dissimuler ses biens. De son côté, Me. Pépé Antoine Lama aussi avocat de la partie, a enchaîné avec d’autres demandes, demandant que les services compétents soient commis pour localiser le domicile du Dr. Mohamed Diané.
Le représentant de l’Etat dans cette affaire a également demandé que la cour commette des services compétents pour identifier le véritable propriétaire de l’immeuble de la SIG Madina, puisque que selon lui, ‘’à chaque fois qu’il a été question de parler de ce bien, le prévenu perd sa sérénité’’.
Le parquet spécial ne s’est pas opposé à cette demande de la partie civile, supposant que cela va dans le sens de la manifestation de la vérité. Quant à la défense, c’est tout le contraire.
Concernant la comparution des enfants du Dr. Mohamed Diané, Me. Almamy Samory Traoré a d’abord rappelé le caractère personnel de la responsabilité pénale.
‘’Les enfants de M. Diané vont comparaître ici pour dire quoi ? En quelle qualité? De témoins, devant prêter serment, de simples renseignements?’’, s’interroge l’avocat, avant de réitérer que l’identification du propriétaire de cette immeuble n’est inscrit ni dans l’ordonnance de renvoi ni dans le jugement. Donc, à ses yeux, ‘’la cour ne peut déclencher une procédure dans de telles circonstances’’.
Pour sa part, Me. Sidiki Bérété de la défense, est revenu à la charge. Il a estimé que le but de cette demande du représentant de l’agent judiciaire de l’État est d’humilier son client, en passant par sa famille, ‘’puisqu’on n’a pas réussi à l’atteindre personnellement’’. Il est allé jusqu’à évoquer une ‘’procédure politique’’.
Une analyse qui été rejeté d’un revers de la main par le représentant de l’agent judiciaire de l’État. Me. Pépé Antoine Lama reconnaît que l’immeuble ne figure pas dans l’ordonnance de renvoi comme soutenu par la défense, mais que la confiscation a été actée en instance.
En guise réponse aux propos ‘’accusatoires’’ de Me Sidiki Bérété, Me. Pépé Antoine Lama affirme ceci : ‘’Ça n’a rien d’humiliation. Je ne suis pas en mission pour qui que ce soit. Je ne suis pas l’avocat d’un régime, je suis avocat d’un dossier. Tout le monde connaît la position de Me. Pépé Antoine Lama’’, a-t-il rétorqué.
Après quelques minutes de pause, le juge audiencier, M. Daye Mara, -puisque les trois charges qui sont portées contre la personne du Dr. Mohamed Diané n’ont toutes été examinées -, a décidé de mettre en examen la demande formulée par la partie civile. Et finalement, la demande de comparution a été rejetée et l’affaire renvoyée au 22 mai 2025.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
