En raison du protocole sanitaire, nous nous réservons le droit de vous montrer le visage en phase de cicatrisation de Mamadou Tounkara, ce petit garçon qui a été atteint il y a de cela deux ans, d’une tumeur grave au niveau de son nez. Cette maladie avait tendance à ronger et déformer progressivement le côté droit de la figure de ce garçon de 7 ans, qui vivait avec sa mère à Mayirô, un village relevant de la sous-préfecture de Fermissadou Pombô, située à 10 kilomètres de la commune urbaine de Kissidougou.
En raison de la complexité de cette tumeur qui menaçait dangereusement la vie de l’enfant, la direction préfectorale de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables de Kissidougou, a diligenté la remontée de ce dossier au niveau de son département de tutelle, pour une prise en charge médicale. Finalement, par manque de solution immédiate face à cette urgence, le dossier tombera entre les mains du chef de l’État qui, en bon samaritain, avait ordonné l’évacuation immédiate du garçon et de sa mère en Turquie, tout en leur accordant une assistance médicale sur une période de 10 ans.
Au bout de 2 ans de traitement intensif en Turquie, Mamadou Tounkara et sa mère sont de retour au bercail où ils doivent patienter pendant 6 mois avant de se retourner du côté de Istanbul pour la suite des soins. Profitant de cet instant à Kissidougou, dame Lorri Mansaré a accordé un entretien à notre correspondant régional. Entretien au cours duquel, elle a raconté comment cette tumeur a commencé chez l’enfant.
‘’Moi qui vous parle, j’ai fait 9 enfants, mais c’est seulement 3 qui sont vivants et ce garçon Mamadou Tounkara est le benjamin. Quand Dieu m’a donné cet enfant, il n’avait aucune déformation physique. Il était un enfant normal, jovial et très amical. Alors, quand il a atteint l’âge de 5 ans, on a voulu l’envoyer à l’école, mais c’est en ce moment qu’il a commencé à développer cette tumeur au niveau du nez. Franchement, moi qui suis sa mère, je n’avais rien remarqué sur son visage. Sa tumeur au nez a été remarquée pour la première fois grâce à une de mes camarades. C’était un dimanche lorsqu’on était partie assister à une réunion de l’association des femmes du village. Pendant la réunion, j’ai confié l’enfant à mes camarades pour aller payer ma part de cotisation chez la présidente de l’association. A mon retour, il y a une de mes camarades qui m’avait demandé si j’avais remarqué quelque chose au niveau du visage de mon enfant. Elle m’a dit de bien regarder le nez de l’enfant qu’il y avait un gonflement. Effectivement, toutes les femmes présentes lui avaient donné raison, même moi j’ai constaté cela. Mais en ce moment, personne ne réalisait la gravité, d’ailleurs, on pensait que c’était un furoncle.
Au fil du temps, la tumeur avait pris forme et ça commençait à dénaturer complètement le visage de l’enfant. C’était inquiétant et les gens racontaient n’importe quoi au village. J’étais paniquée ne sachant pas que faire. C’est ainsi que ma camarade du nom de Marie m’avait remis un jour 150 mille francs pour envoyer l’enfant à l’hôpital préfectoral de Kissidougou. Quand les médecins ont vu le garçon, ils m’ont orienté au tripano, mais ceux qui étaient là-bas m’ont conseillé à leur tour de tout faire pour envoyer l’enfant à Conakry, que cette maladie est très compliquée et qu’il fallait des opérations.
Finalement, c’est ma camarade Marie encore qui m’avait conduit pour la première fois à la section enfance à Kissidougou. Dès qu’eux ils ont vu l’état de l’enfant, ils ont pris sa photo et ils ont dit qu’ils allaient envoyer son dossier à Conakry. Donc, un jour, ils m’ont envoyé à Conakry avec mon enfant chez un certain monsieur Augustin et c’est lui qui s’est battu ensuite pour nous envoyer chez Président Mamadi Doumbouya. Le jour que nous avons rencontré le Président, il devrait effectuer un voyage dans une préfecture de la Basse côte. Mais quand il avait vu l’état de mon garçon, il avait annulé son déplacement. Il m’avait dit de ne pas paniquer, que je vais partir en Turquie pour faire soigner mon enfant. Alors, ils ont fait mon passeport rapidement et c’est comme ça que je me suis retrouvée en Turquie avec mon enfant. Aujourd’hui, je remercie le bon Dieu, car la santé de l’enfant s’améliore progressivement. Il est redevenu jovial, il ne ressent plus les douleurs comme avant et il commence à retrouver la parole peu à peu. Pour le moment, nous sommes en séjour à Kissidougou, mais après 6 mois, nous allons repartir en Turquie pour finaliser le traitement. Les médecins turques m’avaient dit que ça reste des opérations encore. Je profite de votre site d’information pour remercier singulièrement le Président de la République pour ce geste humanitaire en faveur d’un garçon qui était en danger. Egalement, je remercie votre média et toutes les personnes qui ont fourni des efforts pour sauver la vie de mon fils. Aujourd’hui, j’ai l’espoir qu’un jour mon enfant va retrouver la joie de vivre comme les autres enfants de son âge et qu’un jour, il rejoindra ses amis à l’école pour étudier et servir sa nation’’, a-t-elle raconté.

En attendant leur retour en Turquie pour la deuxième phase du traitement, le garçon Mamadou Tounkara est quant à lui, content de retrouver le beau paysage de son village natal et surtout la compagnie de ses amis.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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