En Guinée, plusieurs figures de proue de l’opposition ont rejoint la dynamique CNRD. La junte qui dirige le pays d’une main de fer, a pu débaucher certains responsables de l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, membres de l’ANAD. Ces derniers étaient à la marche de Boké, mais aussi à celle de Mamou ce 26 avril 2025.
Dans une interview qu’il a accordée à notre rédaction ce samedi 26 avril, Rafiou Sow s’est exprimé sur la participation de certains de ses anciens collègues de l’ANAD, dont Cellou Baldé, à la marche de paix organisée par le CNRD à Mamou. Pour lui, son combat reste et demeure inchangé.
‘’Moi, personnellement, je me bats pour les droits et libertés, pour une démocratie effective, c’est-à-dire, particulièrement que le peuple puisse choisir librement ses élus et le respect de nos textes et principes. Ça fait des années que je combats cela, donc, je continue à le combattre. Si certains estiment qu’aujourd’hui, leur positionnement par rapport à cela a changé, moi, je n’ai aucun problème. Ce qui m’intéresse, c’est l’objectif que je vise pour le peuple Guinée et la Guinée, puisque ce combat, je ne le mène pas pour ma propre personne simplement.
Donc, j’estime aujourd’hui, que nous autres au pouvoir, nous pouvons changer les choses positivement, et que je dénonce en particulier aussi ce que c’est l’engagement pris par le CNRD et qu’il ne respecte pas. Je n’ai aucunement rien contre le CNRD, ni la personne du général Mamadi Doumbouya, mais tout mon problème, c’est que quand un dirigeant prend des engagements, des autorités prennent des engagements, j’estime qu’ils sont tenus obliger de les respecter. Il faut savoir que la parole donnée devant des témoins, c’est l’égal d’une signature. Alors, si parmi nous, il y a certains qui sont fatigués du combat qu’on mène, parce que je vais vous dire que c’est un combat rude, difficile et à longue haleine, mais le combat pour le peuple, on ne se trompe jamais, c’est jamais de la peine perdue. Il faudrait du temps et de l’énergie et de la force pour y arriver. Nous y arriverons’’, a-t-il affirmé.
Interrogé sur le changement brusque de certains de ses anciens compagnons de lutte, il répond : ‘’Je pense qu’ils seront mieux placés pour nous expliquer, puisque, à vrai dire, je ne comprends pas moi-même. Nous menons des combats, nous ne sommes pas arrivés à l’objectif. Et s’ils estiment aujourd’hui que notre combat, c’était une erreur, ça n’engage qu’eux, je pense qu’ils sont mieux placés. Je n’ai pas à les critiquer dans ce sens. Tout ce que j’ai à dire, je dénonce la promotion de la confiscation du pouvoir, je dénonce la privation des droits et libertés, je dénonce le manque de respect aux engagements pris par les autorités.
Et dans ce sens, je le dénonce et j’appelle ces gens au débat pour dire que vous avez pris le mauvais chemin. Il faudrait plutôt convaincre le général Mamadi Doumbouya et son entourage, qu’ils ne sont pas, et que ça ne les honorera pas, et qu’ils doivent revenir aux engagements initiaux. Donc, je le dis, et je le persiste ici, aujourd’hui, si le général Mamadi Doumbouya respecte ses engagements, comme il l’a dit, il n’est pas candidat, il organise des élections libres et transparentes, inclusives, il deviendra l’homme le plus puissant et le plus aimé de toute l’histoire de la République de Guinée. Ceux qui estiment aujourd’hui qu’ils ne sont pas dans les mêmes idées que nous, dans la même vision de combat que nous, je n’ai aucun problème, c’est qu’ils deviendront des adversaires politiques, pas des ennemis. Et politiquement, je combattrai leurs idées’’, a déclaré le président du Parti du Renouveau et du Progrès (PRP).
Pour finir, il a également rappelé ceci : ‘’je le dis encore et je le répète, le combat pour les droits et libertés, c’est important, c’est dans l’intérêt de tout le monde. Juste une précision. Hier, l’ancien régime, ses cadres, les hommes les plus puissants, ils sont tous aujourd’hui en prison. C’est nous qui défendons leurs droits et libertés, en disant, quel que soit le mal qu’ils ont fait, ils ont droit à la justice, ils ont droit à l’équité. Voilà ce que nous demandons. Et nous le demanderons pour tout un chacun, que ce soit nous, eux, et même eux aujourd’hui qui sont au pouvoir, si demain, je ne le souhaite pas, ça pouvait arriver, je demanderais le respect de leurs droits. Ça, c’est clair’’, a-t-il conclu.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
