Le mardi 25 mars 2025, un accord de financement de 500 millions d’euros a été adopté par les conseillers nationaux du CNT. Cet accord prévoit la construction et le bitumage de plusieurs routes y compris la fameuse route RN6 Kankan-Kissidougou, long de 185 km. À cause du calvaire qu’il inflige à ses usagers, cette route a été surnommée « la route de l’enfer » et elle est considérée de nos jours comme celle de tous les défis, à cause des nombreuses promesses ou annonces non tenues à son sujet.
En tout cas, selon l’esprit de ce nouvel accord, les travaux de réhabilitation de cette route seront financées à hauteur de 310,2 millions d’euros par les partenaires de l’État guinéen, que sont la Banque Africaine Import Export (AFRIXIMBANK) et la banque Vista Gui. Cependant, malgré l’arrivée de cette belle nouvelle, les Kissidougoukas ne veulent pas tomber trop tôt dans les pièges des annonces comme ce fut le cas dans le passé.
En revanche, de nombreux citoyens de Kissi-faramaya affichent de la prudence en commentant cette actualité. D’ailleurs, beaucoup d’entre eux n’hésitent pas à lâcher ceci : « on a entendu beaucoup de promesses à propos de cette route. Maintenant, on veut le concret ». C’est le cas de Sékouba Diaby, chauffeur sur la ligne Kissidougou-Siguiri, via Kankan.

‘’Moi aussi, j’ai écouté à la radio que les travaux de la route de Kankan vont commencer. Mais, moi, tant que je ne vois pas, je ne peux pas croire. Peut-être le jour que je vais voir les machines sur la route, je vais applaudir maintenant. Sinon, depuis au temps de Lansana Conté, on parle seulement, mais il n’y a rien comme travail. Moi, je suis rentré hier de Kankan et je connais la souffrance qui est sur la route avec les passagers.
Par exemple, quand tu prends la colline de Gbènikôrô, celle de Baasa et la colline de Djardô, c’est l’enfer. Parfois, ce sont les passagers qui nous aident à tirer les véhicules. Si le gouvernement travaille cette route, en ce moment, ils auront remplacé l’enfer par le paradis. C’est notre souhait aujourd’hui’’, a-t-il témoigné.
C’est la même hésitation ressentie chez les riverains de cette route. Check Sylla est un officier de police à la retraite qui habite à Kankankoura, un quartier traversé par cette.

‘’Presque chaque saison, c’est une nouvelle forme de souffrance pour nous à Kankankoura. Avec l’hivernage, c’est la boue avec le risque élevé d’accidents, encore avec la saison sèche, c’est la poussière jusque dans nos chambres. Chaque fois quand on annonçait le début des travaux sur cette route, on sautait de joie, mais cette fois, il y a un manque total d’engouement chez les locaux, parce que tout le monde attend maintenant de voir le début des travaux’’, a-t-il déclaré.

Quant à Kaba Mady, chef section promotion féminine, il a les raisons d’y croire. ‘’J’ai grand espoir que cette fois-ci ça ne sera pas les feux de paille. Ce qui me pousse à garder espoir, c’est que cette annonce est faîte à la suite de l’immersion gouvernementale. Moi, je pense bien que les ministres de la République sont venus toucher du doigt la réalité, ils ont vu le calvaire que traversent les populations sur nos différentes routes ; donc, c’est après ça, ils ont pris la décision de faire face à l’état de nos routes. En tout cas, pour moi, cette fois-ci sera la bonne’’, a-t-il souhaité.
Pour rappel, en 2014, sous le régime déchu d’Alpha Condé, la réhabilitation de cette route avait connu un échec lamentable avec la société EBOMAF. De même, sous le CNRD, une autre annonce de relance des travaux de cette route a été classée sans suite.
À rappeler que l’accord de financement adopté par le CNT concerne également la voie express 2×2 Kagbélén-kouria (30 km), la route nationale RN23 Boké-Gaoual (185km) et la reconstruction de la corniche Nord-Port autonome de Conakry-Hôtel Riviera.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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