A quelques jours de la fin du ramadan, les parents s’activent pour s’acquitter de leur devoir vis-à-vis de leurs enfants. A cette occasion, les lieux de vente d’habits et de chaussures, des salons de coiffures, ainsi que les ateliers de couture, sont visités par ces pères et mères de familles. Ce Jeudi 27 mars 2025, notre correspondant établi dans la cité forestière, a rencontré certaines maîtresses d’ateliers de couture de la place.
Des maîtresses d’ateliers de couture interrogées par notre correspondant régional, ont diversement apprécié la clientèle de cette année.
‘’L’année-là, ça ne va pas du tout. L’année dernière, on avait beaucoup travaillé, mais pour le moment, il n’y a pas d’argent. On n’a pas eu beaucoup de travaux, parce que les clients se plaignent qu’ils n’ont pas d’argent. C’est à cause de ça qu’on ne travaille pas comme d’habitude. Ce que j’ai, ça n’atteint même pas 20 personnes. Ils disent que c’est chaud à l’heure-là. Il y a même quelqu’un qui a envoyé son habit, mais depuis qu’il a quitté, il n’est pas de retour encore’’, a affirmé Jeanne Lama.
A ses collègues, le message de la couturière est clair. ‘’Ce que je vais dire aux filles aujourd’hui, si tu n’es pas allée à l’école, il faut faire un métier. Parce que si tu apprends un métier, ça pourrait t’aider à surmonter tes souffrances. Mais si tu n’apprends rien, comment pourrais-tu nourrir ta famille, tes enfants et ton mari encore ? Il y a d’autres qui ne vont pas à l’école et ils n’apprennent aucun métier. Et le plus souvent, ce sont eux qui sont aux quartiers en train de fumer du chanvre indien. Ça, ce n’est pas bon’’, a-t-elle déploré.

Contrairement à notre première interlocutrice, cette femme, maitresse en couture, sise à la petite porte du camp Béhanzin, commune urbaine de N’Zérékoré, se réjouit de l’affluence dans son atelier débordé de clients.
‘’L’année passée, il n’y avait pas d’argents, mais cette fois-ci, je gagne beaucoup de clients. Parce qu’en ce mois de carême et de ramadan, les autres disent qu’il n’y a pas d’argent, mais moi, je remercie Dieu. Mes clients emmènent les habits ici, on tombe d’accord et je couds ces habits. Et quand vous voyez que je ne parle pas français très bien, c’est parce que je n’ai pas été à l’école. Mais grâce à mon intelligence, je connais les différentes mesures et quand les clients envoient les habits, je couds sans aucun problème. Comme pour dire qu’il n’est pas obligatoire d’aller à l’école avant d’apprendre un métier’’, estime Agnès Sagno.
Dans le souci d’apprendre à plusieurs personnes son métier, alors qu’elle est confrontée à un manque de moyens, la dame sollicite l’aide des personnes de bonne volonté, ainsi que celle du gouvernement.
‘’Je demande aux femmes de la Guinée, à toutes les filles de N’Zérékoré et à mes apprenties, d’apprendre un métier. La femme, si tu as un métier, tu peux aider ton mari, tu peux aider tes parents, ainsi que tes enfants. Aux autorités et aux personnes de bonne volonté, j’ai des apprenties qui sont avec moi. Elles ne sont pas bien logées, elles sont mal nourries, parce que leurs charges dépendent d’elles. Et ça les fatigue, malgré qu’elles ont le courage d’apprendre. Donc, j’ai besoin d’aide. Je veux avoir assez de machines, afin de former ces apprentis qui veulent apprendre. Parce quand tu donnes de bonnes formations à ces courageuses femmes, elles peuvent nous aider demain. Parce que de la façon que je les aide, elles pourront à leur tour, aider les autres. C’est ce que je veux, mais je n’ai pas beaucoup de matériels de travail’’, a lancé Agnès Sagno.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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