En conférence de presse ce mercredi 5 mars 2025, à la plage de Camayenne dans la commune de Dixinn, le premier ministre Bah Oury a été interpellé sur les violations graves et répétées des droits de l’homme en République de Guinée. Le chef du Gouvernement s’est exprimé sur les cas d’enlèvements, de kidnappings et de disparitions forcées de leaders de la société civile, de journalistes et de simples citoyens.
Le chef du gouvernement guinéen déplore les cas d’enlèvements et de kidnappings qui sont devenus récurrents en Guinée, affirmant que cela sape tous les efforts que le CNRD a consenti en terme de respect des droits de l’homme depuis 5 septembre 2021.
‘’Par rapport aux droits de l’homme, c’est un enjeu majeur. Nous regrettons qu’il y ait des situations où des personnes peuvent être considérées comme disparues en République de Guinée. Parce que cela veut dire que nous avons encore du travail et en tant que premier ministre, chef du gouvernement, j’ai indiqué à tout le monde que, sur instruction du président de la transition, que tous les actes doivent être en relation étroite, encadrée par l’ordre judiciaire. Et ça, c’est très important. Il ne faut à aucune manière ouvrir une brèche ou des actions extrajudiciaires peuvent compromettre le processus de transition en cours ou bien l’image de la République et l’image du gouvernement.
Je dois dire que tout ce qui s’est passé depuis juillet 2024, avec la disparition entre guillemets de Foniké Menguè et de Bilo Bah, c’est quelque chose qui n’est pas dans un droit fil des intérêts du gouvernement. Au contraire, on est en train d’améliorer notre position à l’international. On est en train de négocier avec l’organisation internationale de la francophonie et cette affaire survient au moment où, les conclusions étaient très avancées. Qui était pénalisé dans cette affaire? C’était le gouvernement de la République de Guinée’’, a-t-il estimé.
Poursuivant, le premier ministre a laissé entendre que l’Etat n’a plus le monopole des violations des droits de l’Homme dans la plupart des Etats.
‘’Et donc, dans notre pays, il y a une tradition, ce qui se fait sur la scène et qui se fait dans les coulisses, très souvent, les choses sont différentes. Nous avons une expérience de tout ce qui s’est passé durant ces dernières années pour faire imputer aux autorités, des situations qui sont instrumentalisées par ailleurs. Je ne dis pas que c’est le cas, mais c’est pour dire que nous devons faire preuve de prudence et de sérénité dans les jugements hâtifs. Sur la question des droits de l’Homme, il ne faut plus réfléchir avec les mécanismes d’il y a 30 ans, en disant que dès qu’il y a violation des droits de l’Homme, l’Etat est responsable. L’Etat n’a plus le monopole des violations des droits de l’Homme dans la plupart des Etats, surtout dans notre région. L’Etat n’a plus le monopole de tout ce qui, par le passé, était du domaine exclusivement régalien de l’Etat. D’où la nécessité absolue, avant de raconter quoi que ce soit, de procéder à des enquêtes approfondies pour situer les responsabilité’’, a-t-il affirmé sans ambages.
Pour terminer, Bah Oury a laissé entendre que le général Mamadi Doumbouya qui a organisé le procès des événements du 28 septembre 2009, ‘’ne peut pas encourager, ni être associé à des dynamiques qui rappellent ce qui nous avons combattu et jugé’’.
CAMARA Mamadouba, pour Lerevelateur224.com.
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