L’ancien ministre de l’enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation a comparu de nouveau ce lundi 03 février 2025, devant la chambre de jugement de la Cour de Répression des Infractions Economiques et Financières (CRIEF).
Les débats se poursuivent et c’est au tour de la défense de poser des questions au prévenu. Ibrahima Kourouma est accusé d’avoir détourné 612 milliards de francs guinéens destinés à l’organisation des examens nationaux. Et une affaire de 12 millions de dollars selon le rapport des inspecteurs d’État.
À la barre, le prévenu remet en cause la crédibilité de ce rapport. L’ancien ministre de l’enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation estime qu’il y a une accumulation des infractions en ce qui concerne les 612 milliards.
‘’Moi, je n’ai géré le ministère de l’enseignement pré-universitaire qu’à l’intervalle de 2011 à 2017, alors que ces 612 milliards selon le rapport des inspecteurs, c’est pour la gestion de 2011-2021. Et on veut mettre tout ça sur ma tête’’, s’est-il défendu.
Concernant les fameux 12 millions de dollars, il fait savoir que ‘’c’était le Fond de la BID. Un fond qui a été géré par une unité de gestion de projet mis en place par la BID. Donc, le ministère n’a jamais touché à cet argent’’.
L’ancien ministre de l’enseignement pré-universitaire est poursuivi avec Mohamed V Sankhon, ancien directeur des affaires financières (DAF) du même ministère. Selon le même rapport de l’inspection d’Etat, les deux auraient collaboré pour commettre ces crimes financiers pour lesquels ils sont devant la CRIEF.
Sauf que, Ibrahima Kourouma semble avoir un problème avec ce rapport. Il assure que, ce n’est que dans la salle d’audience qu’il a connu son coaccusé.
‘’C’est la première fois que je vois M. Mohamed Sankhon, je n’ai jamais collaboré avec lui. Je ne sais comment je serai en complicité avec une personne que je n’ai jamais rencontrée’’, a-t-il argué à la barre.
De l’autre côté, l’accusé clame son innocence et déplore le tort qu’il subit depuis son inculpation, le 21 avril 2022.
‘’Ça fait 33 mois, bientôt 34, que je suis en prison, alors que d’autres sont tranquilles à la maison. On m’a privé de ma famille, de mes enfants, de ma liberté. Je suis en prison non seulement pour ma gestion, mais aussi pour la gestion des autres’’, s’est-il lamenté à la barre.
Il faut rappeler que Ibrahima Kourouma et Mohamed V Sankhon sont poursuivis pour des faits de détournement de deniers publics et enrichissement illicite. Des infractions prévues et punies par les dispositions des articles 764, 765 et 776 du code pénal guinéen.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
