À quelques jours de la fin de la transition guinéenne selon l’accord dynamique conclu avec la CEDEAO, l’inquiétude continue de grandir chez les acteurs politiques du pays, quant au silence de la junte militaire dirigée par le Général Mamadi Doumbouya, concernant le retour à l’ordre constitutionnel.
Ce samedi 28 décembre, lors d’une interview accordée à la presse, Mohamed Lamine Kamisoko du RPG Arc-en-ciel a interpellé la junte pour qu’elle respecte ses engagements.
‘’Il ne faut pas que certaines personnes pensent que c’est des groupes de personnes qui sont contre la personne de Mamadi Doumbouya . Les forces vives, c’est l’ensemble des partis politiques, c’est l’ensemble des associations, c’est l’ensemble des ONGs, c’est l’ensemble des syndicats et des sociétés civiles. Donc, c’est toute la composante nationale du pays regroupée en une grande organisation qu’on appelle les forces vives. Quand elles parlent, c’est le peuple de Guinée qui parle. Les déclarations des forces vives doivent être considérées comme les déclarations du peuple de Guinée.
Sur ce, vous connaissez tous la transition qui a commencé le 5 septembre et qui doit normalement prendre fin le 31 décembre. Cette durée là, elle a été définie par la CEDEAO et par la junte militaire au pouvoir, puisqu’elle n’a pas considéré les plus grandes formations politiques qui ont l’électorat national du pays et la transition. C’est pour préparer une élection. Les acteurs qui sont intéressés aux élections, c’est les grands partis politiques. Si vous organisez une transition en l’absence de ces grands partis politiques, si vous élaborez une sorte de transition en l’absence de ces grands partis politiques et vous tissez une forme de coopération entre l’organisation sous-régionale qu’on appelle la CEDEAO et la junte militaire qui se retrouvent après un an qu’ils ont considéré comme bonus, qui se retrouvent pour fixer unilatéralement la durée de 24 mois, ce n’est pas nous qui l’avons dit. Nous ne faisons qu’interpréter ce que la junte militaire elle-même a dit, ce qu’elle a conclu avec l’organisation sous-régionale qu’on appelle la CEDEAO. Ce n’est pas nous. C’est eux qui ont dit qu’ils vont faire une durée de 24 mois. Et après cet accord, le président de la transition a dit que même un seul jour ne sera pas ajouté à ces 24 mois’’, a-t-il indiqué, avant d’ajouter.
‘’Nous arrivons maintenant au terme de cette durée de transition. Rien n’a réussi. Rien n’a été fait. Rien n’a été préparé comme élément palpable de la volonté d’organiser les élections. Or, une transition, c’est juste préparer, organiser les élections et quitter. Conformément à la charte de la transition de la CEDEAO elle-même, qui dit qu’une durée minimale de 6 mois à 18 mois, ça fait maintenant 3 ans que la Guinée se trouve dans cette transition, elle arrive à son terme. Le peuple n’en peut plus. Le peuple a souffert. Le peuple a faim.
Le peuple est en insécurité. Les enlèvements perpétuels, les kidnappings perpétuels, la confiscation des libertés individuelles et collectives. Sur ce, le peuple dit qu’il ne peut plus. Il est fatigué, il ne peut plus. Il a faim, il ne peut plus. Il a peur, il est en insécurité. Tous les jours c’est des enlèvements. Tous les jours c’est des assassinats. Alors, on ne peut plus, on ne peut plus, on en a marre, il faut que ça s’arrête. C’est ce que les forces vivantes disent. Pas plus, pas moins’’, a-t-il ajouté.
Plus loin, ce responsable du bureau politique national du RPG Arc-en-ciel invite les organisations de se soucier du cas de la Guinée. ‘’Je pense que les organisations du monde, que sont les Nations Unies, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la CEDEAO, je pense que tout le monde doit se préoccuper et obliger la junte à respecter son engagement. Si en tout cas, ces organisations sont pour la défense des droits humains, si elles sont pour le développement, le développement, c’est d’abord la liberté, le développement, c’est d’abord la démocratie. Si ces deux n’existent pas dans un pays, il n’y a pas de développement. Donc, la CEDEAO, l’Union Africaine, les Nations Unies, l’Union Européenne et toutes les grandes organisations doivent s’impliquer pour demander à la junte militaire de respecter son engagement. Il ne faut pas que les organisations attendent pour que le feu prenne la maison. Il faut que les gens interviennent à temps et demandent à la junte de respecter son engagement’’, a-t-il invité.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
