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KISSIDOUGOU : Une pénurie d’essence paralyse la ville

27 décembre 2024
KISSIDOUGOU : Une pénurie d’essence paralyse la ville

L’éventuelle crise d’essence qui était comme une menace qui planait sur la ville de Kissidougou depuis quelques jours, est devenue une réalité. En tout cas, selon nos constats sur le terrain, les citoyens de la commune urbaine et ceux vivant dans les localités reculées, traversent des sales moments liés à la rareté de l’or noir en cette période de fin d’année dominée sur le plan local par les récoltes agricoles.

Depuis ce jeudi 26 décembre 2024, lendemain de Noël, l’essence est devenue une denrée rare ou tout de même introuvable. Les 12 stations-service de la commune urbaine sont au ralenti. De même, c’est table rase au niveau du marché noir. Par conséquent, cette situation de crise n’a pas tardé à impacter négativement le trafic habituel dans la circulation. Ce qui du coup a débouché naturellement sur une paralysie de plusieurs activités génératrices de revenus.

De nombreux citoyens rencontrés à travers la ville, se disent être surpris par cette crise. Des citoyens qui n’hésitent pas d’ailleurs à accuser la mauvaise foi des gérants de stations. C’est le cas de Tamba Fidel Toumassandouno, qui décrit son calvaire.

‘’Depuis ce matin, j’ai sillonné 5 stations mais on ne voit même les pompistes, tout est fermé. Pourtant, moi je suis préoccupé par la récolte ; donc, je dois faire beaucoup de déplacements. Vraiment, cette crise est incompréhensible, sinon, il y a de l’essence dans les stations et on ne sait pas pourquoi ils refusent de servir les citoyens. Peut-être ils veulent inventer une crise pour favoriser la flambée des prix au niveau du marché noir comme ce fut le cas l’année passée où le litre d’essence se négociait entre 30 et 40 mille francs guinéens.

Pour le moment, je peux témoigner qu’on n’a pas d’abord constaté de flambée des prix, parce qu’on ne voit même pas l’essence. En pareille situation, c’est les autorités locales qui doivent se faire entendre pour essayer de rassurer les uns et les autres, mais jusque-là elles sont muettes’’, a-t-il regretté.

Autre secteur durement touché par cette pénurie d’essence c’est le transport. Là aussi, les citoyens redoutent une augmentation fantaisiste des frais de transport. Toutefois, Sayon Camara, conducteur de moto-taxi sur la ligne de Dar-es-salam, tente de rassurer.

‘’Je peux dire que nous les taxi-motards sommes les plus impactés par la crise et conséquemment, c’est la majorité des citoyens qui souffrent, parce que les gens comptent sur nous pour pouvoir se déplacer. À notre niveau ici sur la ligne de Dar-es-salam, on n’augmentera jamais les prix, d’ailleurs, nous préférons garer nos motos. Nous maintenons le prix initial, c’est-à-dire 2000 francs pour Dar-es-salam, 3000 francs pour Kankankoura et 5000 francs au-delà. Mais nous demandons aux autorités de donner la priorité aux taxi-motards dans la fourniture de carburant, car non seulement nos activités sont liées à l’essence, mais aussi c’est nous qui assurons plus de 50% du trafic urbain et même les zones rurales. Aujourd’hui, moi mon essence était finie lorsque je transportais les colis de mes clients qui font la récolte, j’étais donc obligé de pousser la moto de Kôrôdou jusqu’à Kissidougou centre’’, a-t-il déploré.

Pour le moment, pas de réaction chez les représentants de la Sonap et les autorités locales. On préfère reconduire les vieilles recommandations improductives et qui sont loin de protéger ni de rassurer les citoyens.

Selon nos informations, une rencontre entre le préfet et les responsables de Sonap élargie aux services de sécurité ce vendredi mâtina été sanctionnée par un certain nombre de décisions dont entre autres la restriction de la fourniture de chaque station pour éviter la rupture totale, l’interdiction de servir des bidons, la mise en garde des revendeurs du marché noir et des pompistes contre toute augmentation anarchique et enfin prioriser certains services étatiques ou d’urgence.

À signaler que dans leur communication autour de ce dossier, les autorités préfectorales et les responsables de la Sonap ont décidé d’exclure royalement la presse privée. Une attitude qui sème la suspicion dans les têtes de beaucoup de citoyens qui n’excluent pas un business en marge de cette crise comme tel fut le cas dans les précédentes crises que le pays a traversé.
Affaire à suivre !

 

Depuis Kissidougou, Ousmane Nino Sylla pour le Révélateur 224.com

(+224) 610 454 552

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