Si la mise en place de la Cour de Répression des Infractions Economiques et Financières (CRIEF) avait suscité de l’espoir chez des guinéens dans la lutte contre la corruption, tel n’est plus le cas chez plusieurs acteurs socio-politiques du pays. A l’Union des forces républicaines de Sidya Touré, on accuse cette juridiction d’être instrumentalisée.
L’AG de l’UFR de ce samedi a donné l’opportunité à N’Sira Bangoura, membre du bureau politique du parti, de faire un véritable réquisitoire sur le fonctionnement de la CRIEF.
‘’Je crois que c’est les noms qui sont dans les cases au niveau de la CRIEF. Tu ne peux pas être en prison à cause de 20 millions. L’autre a détourné des milliards. Cet autre, il a bénéficié d’un décret. Ce n’est pas du tout joli. On est en Guinée, on a tout suivi. Tout ce qui se passe là, ça s’est passé devant nous’’, a-t-elle déploré, avant d’avouer l’espoir qu’a suscité la CRIEF après sa mise en place.
‘’On a applaudi cette affaire de CRIEF. Mais il y a certains qui sont détenus à cause de 5 millions, 10 millions, 20 millions. Moi, j’en connais, et il y a d’autres qui ont aujourd’hui bénéficié des promotions, alors qu’ils ont détourné des milliards. Donc, moi, je dirais qu’il y a du deux poids deux mesures. Vraiment, on va revoir la chose. Vraiment, on ne veut pas de victimes dans cette affaire’’, accuse-t-elle.
En se référant des dernières décisions de la CRIEF, notamment l’acquittement de Dr. Rémi Lamah, ancien ministre de la Santé ou encore la condamnation d’Amadou Damaro Camara, ex-président de l’Assemblée nationale, l’on pourrait être tenté de croire en cette juridiction. Sauf que, N’Sira Bangoura, elle, y trouve de la manipulation. Elle défend sa position par la floraison des cas présumés de détournements dans les départements.
‘’C’est des négociations. je ne suis pas là, mais je crois qu’en tant que politique, c’est des négociations qui se font à huis clos. En tout cas, quand on met une institution en place, nos institutions doivent être des institutions fortes. Nous, on a applaudi quand la CRIEF est arrivée, parce qu’on a besoin des institutions fortes. On s’est dit qu’aucun Guinéen n’osera maintenant dilapider nos ressources. Mais aujourd’hui, mon cher, les maisons montent un peu partout, comme des champignons. D’autres sont même devenus plus riches maintenant là, c’est maintenant qu’ils osent détourner les biens de l’État. Réellement, l’affaire de CRIEF là, c’est à revoir. Quelque part, j’ose le dire, la justice, je crois qu’elle est un peu manipulée’’, a-t-elle martelé.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
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