Apparemment, depuis la disparition du patriarche de la ville, le doyen Mamadi Mansaré, la désignation de son successeur divise les fils et petits-fils de Faramaya, l’unique communauté princière de Kissidougou. Ainsi, la crise patriarcale qui était jusque-là dissimulée ou retardée par de multiples tentatives de négociations, a fini par s’éclater au grand jour dans la soirée de ce dimanche 1er décembre 2024, lorsqu’un groupe d’individus est venu cadenasser les deux portes du préau, siège de l’autorité morale, au quartier Dounikônô 1.

Selon les témoignages recueillis dans la famille princière basée à Dounikônô, ces individus munis des chaînes et cadenas auraient fait irruption dans leur concession aux environs de 18 heures. Sans rencontrer de résistance, ces visiteurs ont réussi à cadenasser les portes du préau. Mamadi Fagbon Keita, membre de ladite famille, revient sur les circonstances de cet acte qu’il qualifie d’agression.

‘’Ce qui vient de se passer dans notre famille est regrettable. En fait, moi j’étais assis de l’autre côté quand j’ai été informé que ça n’allait pas au préau. Quand je suis venu sur les lieux, j’ai vu des gens qui étaient venus avec force pour cadenasser notre préau. Ils ne se sont pas cachés, ils sont bien connus. Il s’agit de Jack, Daouda, Fénsaballa et Issa karamô. Comme vous constatez, ils ont mis les cadenas et les chaînes sur les 2 portes. Pire, ils ont même porté la main sur un de nos frère qui vient de Coyah du nom de Mohamed Diawara. Mais j’ai conseillé à tout le monde ici de ne pas répliquer, car on ne répond pas une violence par une violence, il y a la loi et il y a les autorités. Donc, pour le moment, nous avons alerté le président de la délégation spéciale et la gendarmerie était venue ici avec leur pick-up pour faire le constat et prendre des images. Nous allons bientôt chercher à informer le procureur également’’ a-t-il relaté.
Plus loin, notre interlocuteur est revenu sur les objectifs recherchés par les auteurs de cet acte de violence. ‘’Ceux qui ont fait ça, ce sont nos frères. Vous savez, dans notre famille, tout est clair par rapport au choix d’un patriarche. La priorité est donnée avant tout d’abord à la ligne des pères. C’est à défaut d’un père qu’on peut évoquer le choix d’un fils. Mais l’autre camp soutient le contraire. Le problème, c’est qu’ils ne veulent plus voir notre frère qui est là comme le prochain patriarche, alors que ce dernier est mieux indiqué, car c’est un père. Chaque fois c’est comme ça, ce n’est pas la première fois. Je suis témoin de toutes les démarches qu’ils ont faites. Ils avaient même fait passer un communiqué à la radio comme pour dire que toute la famille serait d’accord sur leur choix; le lendemain, nous aussi nous avions fait passer un autre communiqué contraire à leur intention. Ils ont même tenté de négocier mon frère pour que ce dernier leur cède la place, mais ce dernier a catégoriquement refusé. Nous devons tous respecter la tradition telle que léguée par nos prédécesseurs’’, a-t-il détaillé.
Sur le terrain, deux camps rivaux de la même famille se disputent l’unique trône patriarcale et chaque partie est fière de ses arguments. A cette allure, Kissidougou risque de connaître deux patriarches, ce qui n’est pas un fait nouveau dans cette localité.
À signaler que le secrétaire général à la Présidence, le général Amara Camara, lors de sa récente visite à Kissidougou, avait offert à l’autorité morale un pick-up accompagné d’une enveloppe financière. Jusqu’au moment où nous mettions cette dépêche en ligne, le préau central de Kissidougou reste toujours inaccessible.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour lerevelateur224.com.
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