Thierno Sadou Bah et Sidiki Kourouma sont poursuivis pour des faits d’abus de confiance, faits punis par les dispositions de l’article 428 du code de procédure pénale. Il est reproché à Thierno Sadou Bah d’avoir détourné 4 milliards de francs guinéens et Sidiki Kourouma 600 millions de francs guinéens. L’affaire est entrée dans sa phase de plaidoiries et réquisitions ce mercredi 20 novembre 2024, devant le tribunal correctionnel de la cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
En effet, Thierno Sadou Bah et Sidiki Kourouma sont poursuivis par la société Bino Transport. Une entreprise des produits pétroliers, dans laquelle entreprise, ils sont respectivement chef de station et comptable.
Pour sa part des plaidoiries, la partie civile rappelle que les accusés ont tous reconnu les faits qui leur sont reprochés pendant leur comparution. Sidiki Kourouma qui était le chef de station au niveau de Koukoudé, reconnaît avoir utilisé les recettes de la station à ses fins personnelles. Thierno Sadou Bah de son côté reconnaît également les faits portés à sa charge.
Par conséquent, après que les accusés aient reconnu les faits, la partie civile a demandé au président de la cour d’appliquer la loi dans toute sa vigueur et de condamner Thierno Sadou Bah à 3 ans d’emprisonnement et au paiement d’une amende de 4 milliards de francs guinéens. Quant à Sidiki Kourouma, la même peine d’emprisonnement avec une amende de 600 millions et au paiement de 1 milliard pour les deux, à titre de dommages et intérêts à la société.
Dans la réquisition, le parquet a d’abord révélé comment les prévenus se sont rendus coupables de ce détournement et comment les fonds ont été utilisés, avant de requérir des peines à leur encontre.
Selon les informations, Thierno Sadou Bah se serait fait escroquer par un certain Ibrahima Fofana, qui lui a rassuré qu’il pourrait fructifier son argent à travers les jeux paris sportifs 1xbet.
De l’autre côté, Sidiki Kourouma aurait menti au gérant pour lui soutirer de l’argent. Son argument était que le patron a entrepris un projet, mais ce dernier ne voudrait pas que d’autres personnes soient au courant ; donc, lui (Sidiki Kourouma) est le seul qui est habileté à décaisser de l’argent pour la réalisation de ce projet. Ainsi, à chaque fois qu’il venait, le gérant lui en donnait.
Ayant reconnu ces faits à leur encontre, le parquet a estimé les prévenus coupables des faits d’abus de confiance. Et pour la répression, il demande l’application en vigueur de l’article 535 du code de procédure pénale, avec un emprisonnement de 3 ans et le paiement de 5 millions GNF, chacun.
Le procureur compte lancer un message à la jeunesse actuelle qui crie à tout bout de champs de manque d’emploi. Le procureur croit que ce type de comportement des employés jeunes dans les entreprises est un facteur de découragement des employeurs.
Cependant, si Thierno Sadou Bah et Sidiki Kourouma sont condamnés, la cour aurait envoyé une sorte d’avertissement aux futurs candidats pour de telles pratiques.
Pour la défense de ses clients, Me Salifou Béavogui a pris la parole. Il assure qu’il ne dira pas qu’il n’y a pas de coupable dans cette affaire. Toutefois, il estime que parmi eux, existe un innocent. Il a admis que Thierno Sadou Bah est coupable des faits qui lui sont reprochés, mais demande des circonstances atténuantes. Pour lui, ce n’est pas en restant en prison qu’il pourra se battre pour rembourser les 4 milliards.
Me Salifou Beavogui a déclaré à la cour que son autre client Sidiki Kourouma est non coupable des faits d’abus de confiance qui lui sont reprochés. Pour des raisons que ce dernier n’est que comptable. Par conséquent, ne reçoit que des documents financiers provenant de la station. Ensuite, dit-il, le gérant n’avait aucune obligation de lui donner de l’argent.
L’avocat semble convaincu de l’innocence de Sidiki Kourouma. Il continue ses plaidoiries en se posant un certain nombre de question à savoir : qu’est-ce qui garantit que l’argent que le gérant donnait à sidiki Kourouma appartenait à la société ? Pourquoi la société n’a pas porté plainte contre le gérant ? Pourquoi le gérant n’a jamais comparu devant la Cour ?
Le président de la cour, Daouda Conté, a pris la parole pour demander aux accusés ce qu’ils avaient à dire pour leurs propres défenses.
Aussitôt, Thierno Sadou Bah qui semble cuit, même lâché par son avocat dans cette affaire, a avancé ceci : ‘’je sais que le ministère public n’est pas contre ma personne, mais les faits qui sont portés contre ma personne. Je suis conscient de ce que j’ai fait. Depuis le début de ce procès, je n’ai nié aucun point. Mais ce qui est clair, j’ai été victime d’un envoûtement’’, a-t-il avoué.
Quant à Sidiki Kourouma, il a réitéré sa bonne foie dans cette affaire depuis le début. Parlant de la peine que le parquet a requis contre lui, il pense que le procureur a été sévère, avant de s’en remettre à ce que son avocat a dit pour ses plaidoiries.
Le président de la cour Daouda Conté a par conséquent, pris la décision de mettre en délibéré l’affaire pour décision être rendue le 23 décembre 2024.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
