La vulgarisation de l’avant-projet de la nouvelle constitution par les missionnaires du CNT, se poursuit à travers le pays depuis deux semaines. Une manière d’expliquer le contenu et aussi de tenir en compte les préoccupations des citoyens.
Cependant, plusieurs observateurs trouvent cette démarche biaisée. C’est le cas d’Ismaël Forécariah Camara, secrétaire fédéral de l’UFDG à Kindia 2. Lui, pense que le CNT a trébuché dans sa démarche.
‘’Le CNT doit d’abord produire le document, envoyer le document dans les différentes communautés, les personnes ressources et tous les groupes concernés. De s’approprier du document ou une lecture pour savoir effectivement ce qui est dedans. On ne peut pas corriger un document, si on n’a pas ce document là dans ses mains pour savoir est-ce que la virgule a été bien placée ? Pour savoir est-ce que le point est à sa place ? Mais si le CNT vient dans les localités et qu’ils commencent seulement à faire une lecture ou à faire un commentaire de certains points, on ne peut apprécier le contenu que, quand on a les documents et qu’on a lu. Que ça soit la lecture verticale ou horizontale par rapport à la compréhension du document. Mais venir faire un exposé, un exposé de 15 minutes avec un tel document d’une très grande importance, moi, je dirais que la démarche a été faussée’’, a-t-il estimé.
Plus loin, le secrétaire fédéral du parti UFDG à Kindia 2 souligne également quelques nuances par rapport aux élections.
‘’On n’a pas expliqué comment doivent se faire les élections, c’est un point important. Nous dire comment se passeront les élections, mais c’est un point qui a été occulté. Si la constitution n’est pas cousue à la taille des membres du CNRD, dans toutes les grandes démocraties, il existe des candidatures indépendantes. Peut-être qu’en Guinée, les candidatures indépendantes n’existent pas au niveau de la présidence. Vraiment, avec cette allure, on a peur réellement s’il devrait y avoir une candidature indépendante, ça ne serait pas avec le CNRD, sinon, on va dire que cette constitution est taillée sur mesure’’, a averti Ismaël Forécariah Camara.
Sur la tenue du référendum annoncé en fin décembre par le premier ministre Amadou Oury Bah sur RFI il y a juste quelques mois, notre interlocuteur a titillé le chef du Gouvernement de la transition.
‘’Il faudrait qu’on ait une responsabilité et que quand une autorité affirme quelque chose, il faudrait que cette affirmation soit respectée. Il faudrait que les guinéens sachent que ce qui est arrivé aujourd’hui, peut arriver demain aussi. Donc, on ne le souhaite pas. Si vous prenez la constitution de 1958 jusqu’ici, qu’est-ce qui a changé ? Rien n’a changé dans les constitutions. On a tout le temps dit que la Guinée est un État unitaire. Si on changeait ça pour un Etat fédéral ou confédéré, on pouvait dire qu’il y a eu un changement. Les constitutions c’est des amendements que l’on apporte’’, assure-t-il.
Avec la création des mouvements de soutien aux idéaux du CNRD un peu partout à travers le pays, cet acteur politique invite le locataire du Palais M5 à ne pas prendre en compte ce que disent certains guinéens.
‘’Le respect des engagements, il ne faudrait pas que le président suive certains guinéens. Il y a certains guinéens qui étaient avec Alpha Condé et on voit ces mêmes personnes qui viennent autour du président. Ils sont capables demain d’être derrière quelqu’un d’autre aussi. Il faudrait qu’il y ait une maturité par rapport à ça. Tant que le guinéen, on n’a pas cette maturité, on ne peut pas s’en sortir. C’est le président qui doit savoir ça. Aujourd’hui, les gens sont en train de tout dire, les groupes de soutien un peu partout. Donc, ceux qui sont en train de lui dire, ce n’est pas vrai. Il faudrait qu’il (le président) soit grand pour connaître les guinéens’’, a-t-il invité.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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