Concernant le désistement du 𝐏𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐌𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐁𝐚𝐡 𝐎𝐮𝐫𝐲, M. Amadou Oury Bah, du débat organisé par Radio France Internationale contre le jeune politique M. Aliou Bah, il y a plusieurs éléments à prendre en compte.
Tout d’abord, je suis un partisan d’un débat responsable et constructif, où tous les sujets d’intérêt général tels que la santé, l’éducation, la culture, l’économie, etc. sont abordés de manière approfondie par des experts et des responsables politiques.
De tels débats sont essentiels pour la vitalité de notre démocratie et pour permettre à nos citoyens de mieux comprendre les enjeux qui façonnent leur avenir. En ce sens, l’absence d’un tel échange entre des personnalités politiques est toujours regrettable.
Si j’étais à la place du Premier ministre, j’aurais probablement préféré refuser l’invitation de la radio pour des raisons personnelles, plutôt que de me désister à quelques heures de la rencontre.
Un désistement aussi tardif peut être interprété de manières différentes, tant par l’opinion publique nationale qu’internationale, particulièrement en période de transition.
Cela peut laisser entendre un manque de volonté de dialoguer ou, pire, une tentative d’éviter une confrontation d’idées. En période de transition politique, où les attentes des citoyens sont fortes, chaque occasion de débat public est cruciale pour renforcer la transparence, la confiance et la cohésion sociale.
Dire que le Premier ministre n’avait pas besoin de débattre avec Aliou Bah me semble une mauvaise idée. Bien qu’Aliou Bah n’ait pas une expérience aussi riche en gestion administrative que M. Amadou Oury Bah, il reste un intellectuel avec un certain niveau de connaissance théorique et pratique, ce qui lui confère une légitimité pour participer à un tel débat.
Les débats entre personnalités politiques, qu’elles soient jeunes ou plus expérimentées, sont des opportunités pour enrichir le discours public. Au lieu de les minimiser, nous devrions les voir comme des occasions de clarifier des positions, de répondre aux préoccupations des citoyens et, surtout, de stimuler la réflexion sur les défis auxquels notre pays est confronté.
Un tel débat aurait permis au Premier ministre M. Bah Amadou Oury de mettre en lumière certains enjeux cruciaux pour le pays et de mieux éclairer les citoyens guinéens sur les actions du gouvernement de la transition. Cela aurait aussi été une occasion de démontrer la capacité de son gouvernement à engager un dialogue avec les forces vives de la société civile, y compris avec les jeunes leaders politiques comme M. Aliou Bah.
En outre, cela aurait offert à M. Aliou Bah une opportunité d’approfondir sa compréhension des enjeux politiques, économiques et sociaux de son pays, tout en permettant à ses militants d’apprécier ses arguments et ses idées.
Enfin, dans un contexte de transition, où l’unité nationale est plus que jamais nécessaire, il est crucial que les responsables de nos institutions républicaines montrent l’exemple en s’engageant dans des débats publics ouverts.
Un tel débat aurait été une belle occasion de démontrer que les divergences d’opinions en cette période historique peuvent se résoudre de manière constructive et que la démocratie se nourrit justement de cette confrontation d’idées.
Dr. Karamo Kaba
Spécialiste en Gestion des hôpitaux et services de santé.
Écrivain Auteur Consultant
Tatakaba66@gmail.com
