En parlant des organisations internationales, les tenants de la théorie réaliste des relations internationales, marqués par l’échec de la Société des Nations (SdN), puis par la division du monde en deux blocs en sont venus à la conclusion suivante :
« Soit les intérêts des États sont conflictuels, leurs marchandages débouchent sur un jeu à somme nulle qui reflète les rapports de domination, et les organisations internationales ne servent à rien ; soit les intérêts sont concordants, l’harmonie préexiste, et les organisations ne sont pas nécessaires ».(Edward H. Carr et Georg Schwarzenberger, Reinhold Niebuhr et Hans Morgenthau, Raymond Aron)..
Pour ces auteurs, les Organisations internationales « ne sont que des arènes dans lesquelles se prolonge la compétition interétatique. Leurs caractéristiques, leur action, leur influence sont soumises au jeu des rapports de force entre États ».
Elles n’ont qu’un rôle mineur sur la scène internationale, et lorsqu’elles disposent d’une certaine visibilité, ce n’est pas comme acteurs s’exprimant au nom d’une communauté, mais comme instrument au service de politiques égoïstes [Mearsheimer, 1994-1995].
Ces auteurs ne voyaient ainsi dans les organisations internationales que des constructions superflues fondées sur l’illusion d’une communauté internationale qui n’existe pas.
Les choses ont-elles substantiellement changé avec la perception néoréaliste ? Mutatis Mutandis, la réponse à cette question est négative.
Nb. Juste des éléments d’information ; pas une logique de démonstration ( le soin est laissé à chaque lecteur de se faire sa propre idée).
Jean Paul Kotembedouno
Docteur en droit public de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
