Né en 1947 à Samoé, une sous-préfecture située à 8km de la ville de N’Zérékoré, Odilon Théa, l’un des premiers journalistes de la République, qui a tant servi en qualité de formateur en journalisme dans les universités publiques comme privées, est dans un état très critique au jour d’aujourd’hui. Mis à la retraite en 1996, lauréat du concours international de reportage de CIRTEF (Conférence Internationale des Radios Diffusions Télévisions d’Expression Françaises), souffre d’une maladie dont il ignore le diagnostic. Ce, malgré les multiples visites effectuées dans les hôpitaux notamment à Ignace Deen de Conakry.
Rencontré ce mardi 29 Octobre 2024, Odilon Théa, ce journaliste de profession, est revenu de façon brève, sur son parcours dans ce métier.

‘’En 1963, un jour, on était en plein recensement dans un petit village, où j’ai reçu une commission du gouverneur me demandant de me rendre à Conakry. Arrivés, nous avons vu le Ministre Béhanzin. On était une quinzaine de jeunes gens et on nous a dit : à partir d’aujourd’hui, nous voudrions que vous soyez des journalistes. Moi, je n’avais le choix, je me suis intégré dans le groupe et on a organisé une école de journalisme à Conakry au centre franco-guinéen actuel à Tombo. Donc, nous avons reçu des professeurs venants de la Suisse, des professeurs venant d’autres pays. Et on a été formés là-bas pendant neuf (9) mois. Après une évaluation, j’ai été retenu pour la Suisse. Donc, on m’a envoyé en Suisse à l’université de Fribourg. C’est là où j’ai terminé, je suis rentré en Guinée et j’ai commencé à travailler à la voix de la révolution en 1964 et 1965. Toujours dans le domaine du journalisme, on m’a envoyé encore en Chine où j’ai fait un an à Pékin. C’est quand je suis rentré, que j’ai commencé à travailler à la radio et je faisais partie de l’équipe de rédaction et de la présentation du journal parlé de la Voix de la révolution’’, se souvient encore le doyen Théa.
Après ses services loyaux rendus à la nation guinéenne, le célèbre journaliste formateur de l’époque, se voit impuissant et immobile à cause de son état de santé trop dégradé. Chose qui ne le laisse pas perdre l’espoir de recouvrir sa santé.
‘’Bon, ma maladie, il y en a qui disent que c’est la maladie de la vieillesse. Je suis d’accord, c’est une maladie de la vieillesse. Mais ce que je peux vous dire, je ne suis nullement pas angoissé, je ne suis pas stressé. Je supporte bien mon mal. Ça ne fait pas un an que je suis comme ça. Ça débuté petit à petit et finalement, on a essayé de me traiter, mais ça n’a pas réussi encore. Mais toujours, j’ai l’espoir quand même, je crois qu’un jour, je vais me retrouver bien. Donc, on pourra courir ensemble si vous voulez’’, espère-t-il.
Cependant, aucune assistance de la part de l’Etat vis-à-vis de sa situation, n’a été constatée comme il le soutient. Car, selon lui, le seul journaliste qui allait l’aider, a été empêché par la fermeture des médias en Guinée.
‘’Pour le moment, je ne vois pas ce que l’Etat a fait pour moi. La seule chose que je retiens aujourd’hui, c’est qu’après 60 ans de carrière, il y a des gens qui reconnaissent ce que j’ai fait comme travail et ils me rendent hommage. Je vais vous rappeler quand même de quelque chose, il y a eu un de nos camarades, de nos amis journalistes en la personne de Lamine Guirassy, qui voulait m’envoyer en Turquie pour me soigner. Mais finalement, il n’était pas d’accord avec la situation actuelle de la Guinée. Quand on a fermé son média, je crois que c’est ce qui a fait que ce programme n’a pas vu jour. Ils m’ont même fait prendre mon passeport, j’étais prêt à partir. On n’était maintenant au stade des USA. C’est la seule tentative que je connais pour mon traitement.
A Conakry, j’ai été à l’hôpital Ignace Deen où on m’a fait un total bilan, et on a trouvé que c’était de la goute et puis beaucoup de petites maladies. J’ai pris des médicaments, il y a eu beaucoup de dépenses à faire, mais pour le moment, ça n’a pas donné. Et aujourd’hui, la maladie a un peu progressé et ça se sent dans ma voix. Mon tremblement est même dans mon faciès, mon articulation est devenue maintenant pire. Vous voyez, moi qui étais professeur de diction, maintenant, je m’efforce à articuler, il ne faut pas que vous vous moquez de moi, pour dire que le monsieur-là qui parlait bien avant, regarde comment il bégaie-là’’, s’est lamenté Odilon Théa.
Pour recouvrir sa santé, Odilon Théa lance un SOS au gouvernement, ainsi qu’aux personnes de bonne volonté de lui venir en aide.
‘’Pour ceux qui peuvent m’aider, je suis à N’Zérékoré à Kpamah II, j’attends leurs assistances pour un examen complet de ma situation, pour un diagnostic complet. Parce que personne ne m’a encore dit de quoi je souffre. On m’a fait passer à la radio scanner, mais là aussi impossible. Donc, je demande de l’aide auprès du gouvernement à ce que, s’il y a des bonnes volontés pour s’occuper de Odilon Théa, le vieil homme Odilon Théa, je leur fais appel davantage et je pense que ça sera bon pour moi et pour ma famille’’, a-t-il lancé.
Espérons donc que le cri de cœur du professeur de diction Odilon Théa, aujourd’hui âgé de 77 ans, tombe dans de bonnes oreilles, afin qu’il recouvre sa santé.
Pour tout besoin, il est joignable au (+224) 628 540 586.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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