Lors sa récente sortie médiatique, le ministre de l’Énergie, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, a annoncé que la Guinée est désormais devenue exportatrice de l’électricité. Une annonce qui a suscité beaucoup d’incompréhensions chez les citoyens. Comment la Guinée qui peinait à couvrir le besoin national en électricité, est-elle devenue en quelques mois seulement, exportatrice du courant vers certains pays de la sous-région?
Répondant à cette question chez nos confrères de Cavi médias dans l’émission «le Scanner» ce mardi 15 octobre 2024, Moussa Koulibaly, spécialiste en électricité, explique ce changement dans la desserte en énergie, par le fait que la Guinée a enregistré une pluviométrie abondante cette année.
‘’Comme vous venez de le dire, le ministre a annoncé que la Guinée est exportatrice d’électricité. Effectivement, je le confirme. À date, la Guinée exporte de l’électricité vers certains pays de la sous-région. Nous sommes passés d’une crise aiguë de fourniture d’électricité, de janvier jusqu’à juillet pour être aujourd’hui à une production excédentaire. Pourquoi aujourd’hui nous avons une production excédentaire? La raison est très simple. La raison dénote de la pluviométrie qui a été abondante cette année. Donc, cette pluviométrie abondante a permis aujourd’hui de remplir les lacs de nos barrages hydroélectriques. Dans la mesure où la Guinée est fortement dépendante des centrales hydroélectriques. Plus de 80% de l’électricité qu’on consomme sur le réseau interconnecté de Guinée provient des centrales hydroélectriques. Donc, avec cette pluviométrie aujourd’hui, lorsque nous prenons nos central, la plus importante aujourd’hui, c’est Souapiti. La pluviométrie a permis au lac de Souapiti qui a un stockage de 6 milliards 300 millions de mètres cubes d’être aujourd’hui au niveau maximum de stockage. Donc, ceci dit, si nous avons un niveau maximum de stockage, une centrale électrique, nous avons des conduites forcées. Ces conduites forcées prélèvent de l’eau dans le lac du barrage. Cette eau permet de faire tourner des tirbunes, par ricochet, permet de produire l’électricité. Donc, on s’est dit quoi? Vu la demande intérieure aujourd’hui du système interconnecté qui avoisine à-peu-près les 500 mégawatts actuellement, parce qu’il y a moins de consommation. Pour éviter que l’eau se déverse, parce que l’eau qui va aller à partir du déversoir du barrage ou dans une situation exceptionnelle, on va ouvrir le vendangeur des vannes, ça, ça va être de l’eau gaspillée.
Pour éviter de gaspiller cette eau, heureusement, à date, nous avons mis en service le réseau d’interconnexion de l’OMVG (Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau) et le réseau de la CLG (Linsan, Sierra Leone, Liberia, Côte d’Ivoire). Donc, c’est cette occasion aujourd’hui qui s’est présentée avec cette situation exceptionnelle de production maximale des centrales hydroélectriques, vu la consommation intérieure de la Guinée qui est faible. Donc, c’est une opportunité pour nous aujourd’hui d’exporter cette électricité’’, a-t-il expliqué.
À la question de savoir, pourquoi la Guinée qui a du mal à couvrir le national en électricité peut exporter le courant vers l’extérieur du pays, Moussa Koulibaly a tenue à préciser que ceci dénote que dans notre pays, le réseau électrique couvre environ 40% du territoire national.
‘’C’est-à-dire, la région de la Basse Côte, Conakry jusqu’à Boké et si vous prenez également la Moyenne Guinée jusqu’à Labé, Mali. Aujourd’hui, toutes ces zones constituent ce qu’on appelle «le interconnecté de Conakry». Aujourd’hui, c’est cette zone qui a la chance d’avoir de l’électricité, parce qu’elle est interconnectée, il y a des infrastructures énergétiques. Mais, par contre, si on prend les parties de la Haute Guinée: Siguiri, Kankan, Faranah également la Forêt, Guéckédou, Macenta et Lola. Aujourd’hui, ils n’ont pas d’électricité, parce qu’ils n’ont pas d’infrastructures énergétiques leur permettant de raccorder au système interconnecté de Guinée’’, a-t-il clarifié.
CAMARA Mamadouba, pour Lerevelateur224.com.
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