Le secrétaire général par intérim du PDG-RDA s’est prononcé ce mercredi 25 septembre 2024, sur certaines dispositions de l’avant-projet de la nouvelle constitution. Il s’agit notamment de l’article relatif à la durée du mandat présidentiel.
Selon l’avant-projet de nouvelle constitution, le mandat du président est de 5 ans, renouvelable une fois. Une durée que Oyé Béavogui trouve insuffisante au regard des défis auxquels la Guinée fait face.
‘’Quand vous posez la question, combien de mandat pour quelle durée? Je pense que c’est aussi simple à mon avis. Nous avons vu le phénomène des coups d’Etat, puisque nous parlons des coups d’État qui se sont récemment passés un peu partout dans la sous-région Ouest-Africaine. La plupart des coups d’État sont effectués sur la base d’un certain nombre de violations de serments relatifs aux durées de ces chefs État à la tête de nos États respectifs. C’est pourquoi, bien avant que le 05 septembre ait lieu, dans toutes nos prises de position, dans toutes nos propositions, nous avons dit que 5 ans ne peuvent pas suffire pour un mandat. Dans la mesure où, quand vous prenez 5 ans pour un premier mandat, vous devez organiser les élections législatives et communautaires. Imaginez, une élection, c’est avant, pendant et après. Quand vous prenez une simple élection locale, ça vous prend au moins une année. En tout cas, vu l’expérience qui s’est passée en Guinée, peut-être que ça peut changer si les dispositions concrètes sont prises, mais pour le moment, ce n’est pas possible.
D’ailleurs, les élections locales de 2018, jusque-là, le contentieux est pendant, parce qu’ils n’ont pas tranché sur la base d’un certain nombre de recours qui ont été posés. Donc, ça prend plus d’une année. Au-delà, quand vous prenez les élections législatives, ça vous fait aussi plus d’une année, parce qu’après tout, il y a des contentieux. Les élections présidentielles, on n’en parle pas. Donc, sur les 5 ans d’exercice, vous avez presque 2 à 3 ans consacrés aux questions élections, au processus électoral. Donc, strictement 2 ans pour parler de développement. En réalité, vous ne pouvez pas, parce que même quand les résultats sont proclamés, vous êtes soumis à un contentieux électoral qui prend du temps et le fait que ça prend du temps, certaines forces politiques qui naturellement de l’opposition, si elles ne sont satisfaites sur la base des revendications qu’elles font, c’est la rue qu’elles prennent et donc, des manifestations. Ça nous fait perdre du temps. Ce qui fait que quand vous prenez les 5 ans, les chefs d’État n’ont pas le temps nécessaire qu’il faut pour poser les bases d’un véritable développement. Donc, nous, nous avons dit qu’il faut arrêter ce mimétisme là, ça ne nous ressemble pas, ça ne nous reflète pas. Ce n’est pas africain, ce n’est pas guinéen’’, a-t-il souligné.
Pour le secrétaire général par intérim du PDG-RDA pour qu’un président puisse produire un bon résultat, il faut que la durée du mandat soit de 7 ans.
‘’Donc, il serait convenable pour nous de revenir à nos fondamentaux. C’est vrai qu’à l’époque du PDG, ce n’était pas limité, c’était effectivement 7 ans. Pour preuve, le président Ahmed Sékou Touré pour ceux qui pensent que c’est quelqu’un qui s’est retrouvé simplement à la tête de l’Etat. Non! C’est vrai qu’en 58, c’est lui qui était à la tête du gouvernement semi-autonome, de facto, il a été promu pour diriger la gestion de l’État jusqu’en janvier 1961, qu’il organise les premières élections. Et à l’époque, la constitution de 1958, c’était un mandat de 7 ans, mais qui était illimité. Donc, il a brigué en 1961, en 1968, en 1975 et 1982, soit 7 ans et ça permis de poser les jalons. Puisque ce sont les réalités de l’époque, ce n’était pas limité, il y a certaine nombre de contexte à la fois qui s’imposait sur nous à l’interne et à l’externe. Donc, c’est qui fait que ce n’est pas limité, mais aujourd’hui, il est extrêmement difficile de revenir à cette réalité.
Quand je dis revenir à cette réalité, d’avoir des mandats illimités, mais par conséquent, on peut limiter à 2 mandats pour 7 ans. Ça vous fait 14 ans. Sur les 14 ans, pour le premier mandat, vous avez une année électorale, vous vous organisez à ce que toutes les élections se tiennent à en 1 an et vous avez 6 ans pour travailler, parler de développement. On oublie ces questions de revendications, ces questions de manifestations, ces questions de contentieux électoraux et pour nous, ça fera l’affaire. Voilà notre proposition, voilà notre position et nous pensons que c’est ce qui reflète nos réalités et ce qui peut mener à un véritable développement’’, a-t-il proposé.
CAMARA Mamadouba, pour Lerevelateur224.com.
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