Ce qui se murmurait jusque-là, vient d’être rendu officiel par le Gouvernement de transition. Depuis la France, le ministre des affaires étrangères, de l’intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Morissanda Kouyaté a annoncé l’organisation d’élections générales en 2025 en Guinée. Comment réagit l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD) ? Rafiou Sow qui a été interrogé par un journaliste de notre rédaction ce vendredi 20 septembre 2024, a titillé le chef de la diplomatie guinéenne.
En séjour à Paris dans le cadre de la Conférence interministérielle de la Francophonie en prélude au Sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie, prévu en octobre prochain, le ministre des affaires étrangères, de l’intégration africaine et des guinéens établis à l’étranger, a annoncé que toutes les élections vont se tenir avant fin 2025 en Guinée. Pour Rafiou Sow, leader du parti PRP, membre de l’ANAD, la volonté de la junte est claire: confisquer le pouvoir.
‘’Moi, j’ai du mal à croire au ministre Morissanda Kouyaté. Il y a beaucoup de ministres ici qui racontent beaucoup de choses, finalement qui n’ont pas lieu. Qu’est-ce qui nous dit que ce n’est pas une façon de calmer les gens ? Parce que la majorité des guinéens sont prêts à manifester ce 31 décembre 2024, au cas où Doumbouya ne respecterait pas ses engagements. Qu’est-ce qui nous dit qu’il dit vrai, qu’il a raison ? Est-ce que ce n’est pas la même chose quand un ministre (parlant d’Ousmane Gaoual Diallo Ndlr) nous avait dit ici que le Général Mamadi, en aucun cas, il ne se présenterait à une élection ? Il y a beaucoup de choses qui ont été dites’’, a-t-il ironisé.
Selon cet acteur politique opposé à la conduite de la transition, ‘’du moment que le 1er magistrat du pays ne respecte pas ses propres engagements, nous allons simplement croire à un ministre ? Pourquoi ne pas créer le cadre de dialogue souhaiter par les forces vives ? Qu’on en discute, qu’on se dise ceci ou cela. Tu ne peux pas organiser des élections comme ça. Tu organises des élections pour des hommes politiques qui doivent aller à des compétitions, mais tu fais de cela une question de secret de polichinelle. Alors, si c’est le cas, le cadre de dialogue, Doumbouya doit prendre un acte, mettant en place le cadre de dialogue souhaiter par les forces vives de la nation. Et autour de cette table, nous en discutons. Ceux qui sont en prison, qui ne sont pas condamnés encore, qu’on les libère, qu’ils aillent à leurs domiciles, qu’on les interdise de voyager et que la justice fasse son travail librement. Ceux qui sont en exil qu’ils rentrent, qu’on discute autour d’une table, comme l’a promis Mamadi Doumbouya, à sa prise du pouvoir. Il n’est pas trop tard. Et qu’on lance les choses très rapidement pour qu’on sorte de ça. Sinon, pour le moment, nous, nous restons concentrés à la date du 31 décembre 2024’’, a-t-il déclaré.
Dans son intervention, le ministre Morissanda Kouyaté a déclaré que le Gouvernement a réussi à mettre en place un fichier. Sauf que, personne ne sait à date, de quel fichier évoque-t-il.
‘’Alors, s’ils veulent faire autre chose que ça, nous devons en discuter, il est extrêmement important qu’on le fasse (…) Nous ne savons pas par quelle magie ils ont réussi à faire un autre fichier électoral. Il faut qu’ils soient francs. Nous leur avons dit qu’il y a déjà un fichier existant au temps d’Alpha Condé : Celui de 2020. Il a besoin juste de quelques toilettages, c’est une chose qui ne prend pas deux, trois mois. Donc, ce fichier peut être utilisé. Qu’ils disent la vérité, qu’ils vont se rabattre sur ce fichier là’’, a estimé Rafiou Sow, qui réclame un cadre de dialogue franc et sincère, pour sortir la Guinée de cette impasse.
Madiou BAH.
