Réunis à la 65ème session ordinaire de la conférence des Chefs d’États de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le dimanche dernier à Abuja, au Nigéria, les dirigeants de l’organisation sous régionale se sont félicités des progrès réalisés dans la conduite de la transition en Guinée. Une position controversée qui, aux yeux des acteurs sociopolitiques guinéens, ne reflète pas les réalités sur le terrain.
Régissant sur cette actualité dans un entretien téléphonique qu’il a bien voulu accorder à notre quotidien en ligne ce mercredi 10 juillet 2024, Mohamed Cissé, leader du parti Nouvelle Guinée (NG) se dit surpris par cette réaction de la CEDEAO.
Selon lui, la CEDEAO ne doit pas être clémente envers la junte au pouvoir en Guinée, dans la mesure où, la transition guinéenne est dirigée dans une opacité totale.
‘’Nous avons été très surpris de cette appréciation de la CEDEAO. On ne sait pas si la CEDEAO a des informations que nous n’avons pas, on se pose la question. Mais, il faut rappeler que cette décision intervient juste après l’annonce du retrait définitif et sans appel des autres pays qui sont en transition (le Mali, le Burkina Faso et le Niger) de la CEDEAO. Je pense que pour faire des yeux doux à la Guinée, pour ne pas perdre la Guinée aussi, ça vraiment pesé dans la balance quant à l’appréciation de la CEDEAO. C’est vraiment déplorable pour nous les politiques que la population guinéenne qui continue souffrir. La transition est opaque, elle est très mal gérée et la population continue de souffrir. Les services de base ne sont pas assurés, on n’a pas d’eau, on n’a pas d’électricité. Je pense que c’est très dommage que la CEDEAO se comporte ainsi. Cela décrédibilise davantage la CEDEAO vis-à-vis de la population’’, a-t-il souligné, avant d’inviter la classe politique et la population guinéenne à la mobilisation, afin de mettre fin à cette transition le 31 décembre 2024.
‘’Ça ne sert à rien de compter sur la CEDEAO, ni sur d’autres organisations régionales, sous régionales et internationales. C’est nous qui vivons ce qui se passe ici, il appartient à la population et à la classe politique de s’organiser, pour que le 31 décembre de cette année, que cette transition finisse. Il faut que cela soit effectif, il faudrait que chacun de son côté puisse mettre la démocratie et cette volonté de se faire gouverner par les personnes élues, personnes choisies par le peuple, il faut que ça soit le combat de tout un chacun’’, a-t-il lancé.
CAMARA Mamadouba, pour Lerevelateur224.com.
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