La peuple de Guinée continue de retenir son souffle à quelques semaines du verdict final dans l’affaire des douloureux événements du 28 septembre 2009. Après la clôture de la phase des plaidoiries et réquisitions, l’ancien chef de la junte au pouvoir au moment des faits, Capitaine Moussa Dadis Camara et ses coaccusés seront fixés sur leurs sorts le 31 juillet prochain. Mais, quel regard l’OGDH porte-t-elle sur le déroulement de cet emblématique procès?
Répondant à cette interrogation chez nos confrères de Nostalgie Guinée dans l’émission Africa 2015, Alseny Sall, chargé de communication de l’OGDH s’est félicité de la tenue de ce procès après plusieurs années de combats.
‘’C’est un moment d’attente parfois ennuyant et angoissant, mais comme vous voyez, les organisations que nous sommes et les victimes, nous avons joué notre rôle pendant près de 14 ans de combat tant au niveau national, régional et international. Il a fallu ce combat de longue haleine, il a fallu se battre devant la justice nationale, en apportant les éléments de preuves et mener des plaidoyers au niveau des autorités judiciaires, auprès des autorités diplomatiques au niveau national et international, pour que ce dossier soit jugé en Guinée. Vous n’êtes pas sans le savoir que l’État s’est engagé devant la CPI de juger ce dossier, parce que la CPI, c’est une juridiction complémentaire. Donc, c’est en cas de défaillance ou manque de volonté, elle intervient. Donc, comme l’État Guinéen s’est engagé, et nous, on a travaillé et quand on a commencé, personne n y croyait, parce que la plupart des accusés qui sont aujourd’hui sur le box, occupaient des hautes fonctions dans ce pays. Donc, c’était très difficile, mais il a fallu ce combat et on est parvenu à clôturer l’instruction en 2017. Je pense que c’est un mérite qu’il faut mettre sur le crédit du CNRD, parce que ça démontre que lorsqu’il y a la volonté politique d’aller de l’avant, on peut aller de l’avant. Ce procès, personne ne s’attendait qu’on pouvait l’avoir pendant cette transition’’, a-t-il indiqué, avant d’exprimer sa satisfaction par rapport à la conduite des débats.
‘’Je pense que c’est un premier motif de satisfaction dans la mesure où, comme tout le monde le dit, ce procès doit servir de leçon. Dans la mesure où ce sont des crimes qui ont été commis par une transition militaire qui sont jugés par une autre transition militaire ; et je pense qu’aujourd’hui, tout le monde doit tirer des leçons y compris le CNRD qui est au pouvoir. Je pense ce sont des grands enseignements que nous avons reçu. Il y a des motifs de satisfaction. Pour nous, le premier motif de satisfaction, c’est le fait que le procès s’est tenu en présence des prévenues et pas les moindres à l’audience. Ils étaient là régulièrement, les victimes aussi ont pu exprimer leurs douleurs, leurs vécus. Voilà tant de motifs de satisfaction. Il y a aussi le fait que ce procès a été médiatisé. Je pense que ça permet aujourd’hui au-delà du jugement du tribunal le 31 juillet, il va y avoir le jugement de l’opium nationale et internationale’’, a-t-il estimé.
CAMARA Mamadouba, pour Lerevelateur224.com.
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