C’est une affaire qui est loin de connaître son épilogue. Alors qu’ils ont été préalablement soumis récemment à des pratiques de classes et d’autres contrôles qu’il faut pour leur intégration à la fonction publique locale, les enseignants contractuels communaux de Mamou, à l’instar de leurs collègues des autres préfectures, attendent toujours d’être situés sur leur sort.
Certains qui ont décidé ce mardi 25 juin 2024 de hausser le ton, menacent de ne plus enseigner à l’ouverture prochaine. C’est le cas par exemple
‘’Nous n’allons jamais accepter de vieillir dans ce pays sans être engagés quelque part. Si l’enseignement ne marche pas, personnellement, j’ai un autre projet, c’est d’aller labourer la terre là au moins, j’aurais ce que je mérite le plutôt possible. Parce que si le gouvernement lui il ment, la terre elle, ne ment pas. Cette attente a tellement duré, chaque jour c’est du nouveauté avec les mêmes arguments pour endormir notre conscience.
On nous a dit que c’est ce mois de juin que notre situation sera régularisée. Mais nous sommes le 25 aujourd’hui, aucune solution concrète si ce n’est de nous dire dans quelques jours, semaines, préparez-vous, c’est monter ici, c’est descendu par là. Mon frère, moi je suis fatigué de ça. Trop c’est trop. Je suis endetté jusqu’au cou. C’est à cause même de ces nombreuses dettes que je ne peux pas marcher dans certains endroits de la ville. J’ai honte de quémander chaque fois mes parents. Nous sommes fatigués d’attendre, nous voulons notre engagement purement et simplement. Dans le cas contraire, moi je me retourne au village pour faire le champ. Un sac vide ne peut s’arrêter’’, a averti un enseignant qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat.
Interrogée à son tour, cette instructrice dans une école de la commune urbaine de Mamou, Madame Diallo a emboîté les pas de son prédécesseur. Pour elle, cette situation risque de perdurer pour toujours.
‘’Moi, ce que je peux dire, c’est que cette situation risque de perdurer pour toujours. Je suis mère de famille, je ne compte que sur cet engagement à la fonction publique. Ma mère est malade et mes frères n’ont rien. Les pratiques de classes que nous avions effectuées, avec tout ce qu’il faut comme mon collègue vient de le dire, notre engagement à la fonction publique, vu les expériences que nous avons acquises dans ce domaine, normalement, tout doit être maintenant régularisé. C’est vrai qu’on parle d’une résolution de ce problème, mais à mon avis, ça vraiment duré.
Aujourd’hui à Mamou, les enseignants contractuels communaux souffrent plus que les mendiants mêmes qui sont au marché. Excusez-moi, mais c’est la vérité. C’est pourquoi, nous avons décidé de prendre la parole pour interpeller nos responsables, afin qu’ils puissent à leur tour, transmettre nos cris de cœur aux autorités. Sinon, à cette allure là, si rien n’est fait au nom de tout ce qui m’est cher, l’année prochaine, je ne mettrais pas mes pieds dans une salle de classe’’, a-t-elle menacé.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
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