Deux ans après la prise du pouvoir par le CNRD, la situation sociopolitique du pays reste toujours confuse. La junte est de plus en plus contestée par les organisations de la société civile et les partis politiques qui exigent un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
Face à cette situation, Dr. Édouard Zoutomou Kpogoumou, président de l’Union démocratique pour le renouveau (UDRP), lors d’une interview qu’il a accordée à notre rédaction le jeudi 23 mai 2024, s’est exprimé sur la position de la communauté internationale, notamment la France et les États-Unis, en ce qui concerne la transition militaire en Guinée. Selon lui, ce n’est pas une junte militaire, ni une puissance qui va venir dicter aux Guinéens ce qui doit être fait.
‘’Écoutez, la communauté internationale, on l’a déjà dit à travers beaucoup de rencontres au niveau du G5, au niveau de certains ambassadeurs de grandes puissances, c’est que déjà en Guinée, c’est le peuple qui doit décider ce qui se passe. Ce n’est pas une junte militaire, ce n’est pas non plus une puissance qui va venir dicter aux Guinéens ce qui doit être fait. Nous l’avons déjà dénoncé. Aujourd’hui, à la manœuvre, il y a beaucoup de puissances qui sont en train de s’agiter. Aujourd’hui, il y a un doigt accusateur sur les diplomates français, en ce qui concerne la conduite de cette transition.
Mais, nous pensons que c’est une erreur, parce que de toutes les façons, ces erreurs vont finir par être décelées et elles ne pourront pas justement fleurir devant la détermination des uns et des autres’’, a-t-il déclaré avant d’ajouter que la Communauté internationale sera obligée d’accepter le principe de subsidiarité.
‘’La communauté internationale sera obligée d’accepter le principe de subsidiarité, parce que ce qui se passe, si la CEDEAO, malgré tout le discrédit, se met dans des conditions pour pouvoir entendre ce qui se passe en Guinée, elle sera obligée de remonter sa position au niveau de l’Union africaine, qui va la remonter certainement au niveau de l’Union européenne ou des Nations unies. Ce qui est clair, c’est que la communauté internationale sera obligée de se ranger du côté du peuple, parce qu’on ne peut pas imposer des solutions à un peuple, un peuple à guérir surtout, un peuple informé. Sinon, la communauté internationale elle-même ne servira à rien. Nous avons beaucoup de réserves en ce qui concerne la CEDEAO, mais nous pensons que c’est un cadre dans lequel il faut chercher à résoudre cette crise avant qu’elle ne soit franchement hors de contrôle’’, a-t-il asséné.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
