Dans une récente sortie médiatique chez nos confrères de TV5 Monde, le Premier ministre de transition, Amadou Oury Bah a affirmé que « le retour à l’ordre constitutionnel, tel qu’il a été défini, ne le sera pas » fin 2024 en Guinée. Une sortie qui continue de susciter des réactions chez les acteurs socio-politiques du pays. C’est le cas, par exemple, du président de l’Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès (UDRP).
De l’avis de Dr. Edouard Zoutomou Kpoghomou, ce n’est pas le rôle de Bah Oury d’annoncer les décisions du CNRD, mais c’est plutôt à la junte de le faire, puisqu’étant l’organe central de la transition.
‘’En fait, M. Bah Oury a usurpé le porte-parolat du CNRD et du gouvernement, alors que ces deux institutions ont des porte-paroles. Si aujourd’hui, au lieu d’être le cordon entre le CNRD et la classe politique, c’est-à-dire, les forces vives, il est plutôt le porte-parole du CNRD qui vient annoncer aux politiques et à tout le peuple de Guinée, qu’il y a la possibilité, et même le glissement du calendrier est déjà acté, ce n’est pas son rôle de le dire. C’est au CNRD de le faire, car le CNRD est avant tout l’organe de gestion et de conception de la politique et de la gouvernance dans le pays pendant cette période de transition. Ce n’est donc pas à M. Bah Oury de venir dire aux politiques ce qui va se passer. Ce n’est pas à lui de le dire’’, a-t-il déclaré.
Et d’ajouter : ‘’C’est lui qui devait piloter le programme ou le cadre de la renégociation ou alors les discussions portant sur le dialogue inclusif. Nous pensons que M. Bah Oury ne se bat pas pour que le pays s’en sorte, mais pour que lui-même s’en sorte. Parce que c’est une question de survie’’, a-t-il ajouté.
Par ailleurs, il n’a pas manqué de faire une étude comparative sur le combat que Bah Oury avait mené au temps de Dadis et pendant cette transition.
‘’Hier, au temps du CNDD, M. Bah Oury était l’une des voix les plus tranchantes en ce qui concerne le fait que le capitaine Dadis, à l’époque, avait déjà montré des signes qu’il était intéressé à rester aussi longtemps que possible, sinon même à se présenter à des élections. Alors, c’est à ce titre qu’il est devenu le coordinateur des mouvements de ce qui s’est passé au stade du 28 septembre 2009. Aujourd’hui, s’il est maintenant en train de devenir la voix par laquelle le CNRD ou la junte militaire, qui a aussi des bénéfices à rester au pouvoir, passe, cela signifie que nous ne connaissons plus M. Bah Oury. Ce qu’il a fait hier, nous pensions que c’était dans le cadre de sa conviction personnelle. Mais aujourd’hui, on se rend compte qu’il n’y avait pas de conviction. M. Bah Oury cherche à se positionner, parce que depuis très longtemps, on savait qu’il était à la recherche de quelque chose. Peut-être qu’il l’a déjà obtenu et pour ne pas perdre les avantages liés à ce qu’il vient d’obtenir, il fait ce qu’il fait. Sinon, ce n’est pas à lui d’annoncer aux partis politiques et au peuple de Guinée, qu’il y a un glissement de calendrier. M. Bah Oury devrait chercher à recoudre le tissu social et à favoriser le dialogue qui amènera le calme. Car, s’il n’y a pas de calme dans un pays, quelle que soit la victoire, elle n’aura aucun sens, qu’elle soit une victoire militaire ou une victoire aux urnes. S’il n’y a pas de peuple à gouverner, la victoire n’a aucun sens’’, a-t-il flingué.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
