Considérée comme la phase ultime du processus d’intégration des enseignants contractuels de Guinée à la fonction publique, l’évaluation en pratique de classe a été lancée depuis quelques jours sur toute l’étendue du territoire. À Kissidougou, ces évaluations ont commencé le mardi 14 mai dans la commune urbaine et dans les 12 communes rurales.
Sur le terrain, une mission coordonnée par le chef section pédagogique de la DPE de Kissidougou sillonne les différents établissements scolaires de l’élémentaire et du secondaire qui hébergent ces enseignants contractuels. Rencontré ce mercredi 15 mai au collège Ernesto Ché Guevara, Cécé 3 Kolié, chef section pédagogique de la DPE de Kissidougou, fait la lumière sur cette mission d’évaluation des enseignants contractuels.

‘’Bien sûr que le pays est en besoin du personnel enseignant, mais cela ne doit pas être un argument pour recruter n’importe qui à l’éducation, d’où la nécessité de ces évaluations qui sont le fruit d’un protocole d’accord signé entre l’État et les centrales syndicalistes. Pratiquement, à Kissidougou, ils sont 364 enseignants contractuels à l’élémentaire et 84 au secondaire. Effectivement, depuis mardi, nous avons pris d’assaut toutes les communes. A l’heure où je vous parle, les missions sont sur le terrain pour procéder à ces évaluations. Alors, pour évaluer les 448 enseignants, la DPE de Kissidougou a mobilisé 10 cadres de l’élémentaire qui sont soit des conseillers pédagogiques maîtres formateurs (CPMF) ou des enseignants chevronnés. Pour le secondaire, nous avons mobilisé 4 cadres qui sont des animateurs pédagogiques du secondaire (APS) et des professeurs formateurs. Rien que pour la première journée, nous avons réussi à évaluer 58 enseignants à l’élémentaire et 12 au secondaire. Quand nous venons pour évaluer un enseignant, nous sommes munis d’une fiche d’évaluation, nous observons la prestation de l’enseignant devant les élèves pendant 15 minutes. Ensuite, nous avons un entretien en tête-à-tête avec l’enseignant pour mesurer sa capacité d’expression, parce qu’un enseignant, c’est d’abord la communication. Pour finir, nous demandons à l’enseignant de rédiger une lettre de motivation et cela nous permettra de connaître sa capacité rédactionnelle. En fin de processus, il y a un coordinateur régional basé à Faranah qui viendra évaluer notre travail, en procédant à l’évaluation d’un échantillonnage. Nous avons 10 jours pour finir le travail’’, a-t-il expliqué.

Quant à Kaba Mara, coordonnateur préfectoral des enseignants de Kissidougou, il s’inquiète sur le sort des enseignants qui n’ont pas reçu de récépissé. ‘’Vraiment, à l’allure où vont les choses, nous pouvons affirmer que l’État est en train de respecter ses engagements. En tant que coordinateur préfectoral des enseignants contractuels, je suis sur le terrain avec la mission pour voir comment ça se passe. Personnellement, je compte me rendre dans les communes rurales pour recenser les différents problèmes. Nous sommes confiants pour la suite du processus, mais nous sommes aussi inquiets pour le sort de nos amis qui ont mouillé le maillot avec nous pendant des années et qui se retrouvent aujourd’hui à la touche, parce que tout simplement ils n’ont pas reçu de message. Nous demandons humblement à l’État de revoir leurs situations.
A Kissidougou, il y a une centaine d’enseignants contractuels en situation de classe qui ne seront pas évalués. En tout cas, nous allons remonter leur liste à la coordination nationale’’, a-t-il promis.

Très serein après sa prestation devant la mission d’évaluation, Jean Pierre Tolno, professeur de physique au collège Ernesto Ché Guevara exprime sa satisfaction. ‘’Je viens de prester devant le missionnaire sur le dernier chapitre du programme de physique en 10ème année consacré à la mécanique. Je pense que rien n’est compliqué dans ça, car depuis 2018, je donne les cours en tant que contractuel. Je remercie l’État qui exécute pas à pas les différents points de l’accord’’, a-t-il déclaré.

À l’école élémentaire Elhadj Mory Touré du quartier Sogbè 2, Fatoumata Binta Sow vient d’être évaluée. ‘’Ce matin, j’ai reçu la visite d’un missionnaire qui a procédé à mon évaluation. Il a contrôlé tous les documents pédagogiques, ensuite, il a choisi une leçon et il m’a demandé de faire une prestation devant les élèves. Je viens de finir cet exercice et il m’a demandé de rédiger une lettre de motivation, dans laquelle, je dois expliquer pourquoi j’ai choisi le métier. Personnellement, ça va faire bientôt 4 ans que j’exerce ce métier. J’invite l’État à accélérer la suite du processus, pour que nous soyons situés à nos sorts’’, a-t-elle sollicité.
Selon le protocole d’accord signé entre l’Etat, la coordination nationale des enseignants contractuels de Guinée, le patronat et les centrales syndicales, la prise en charge des enseignants retenus à la suite de ce processus, commencera au mois de juillet 2024.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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