L’humanité a célébré ce vendredi 03 mai 2024, la journée internationale de la liberté de la presse. A cette occasion, notre rédaction est allée à la rencontre du journaliste Ansoumane Toumany Camara, ancien reporter de la télévision nationale, actuellement Directeur de la DIRPA, (Direction de l’information et des relations publiques des armées).
Dans cet entretien, notre interlocuteur s’est prononcé sur les difficultés liées au brouillage des ondes et le retrait de certains médias du bouquet Canal+. Sans tergiverser, Ansoumane Toumany Camara a fustigé le comportement de certains journalistes, qui, à ses yeux, ne font pas honneur à la presse guinéenne. Ce journaliste de profession a ainsi déclaré que l’État est dans son plein droit de prendre des mesures quand il estime que la sécurité interne du pays est menacée.
‘’C’est vrai, c’est une situation que nous vivons, mais c’est une situation qu’il faut voir avec beaucoup d’interrogations. Comment en est-on arrivé là ? Qu’est-ce qui a poussé l’État à prendre une telle mesure ? Et qu’est-ce qui se passait réellement dans les médias ? Nous sommes tous des journalistes, sans se voiler la face qu’on se dise les vérités. Quand on est journaliste, ça ne veut pas dire qu’on est libre de dire tout ce que nous devons dire, tout ce que nous devons faire. Nous sommes des citoyens comme tous les autres. Les patrons des médias ne doivent pas être complaisants, il faut être rigoureux sur la ligne éditoriale et être rigoureux sur la responsabilité sociétale de tes structures de communication et de l’information. C’est là-bas où le bas-blesse. On se permet de tout dire, la fragilité que nous connaissons aujourd’hui, la situation sociale en Guinée devrait interpeller les journalistes. Il faut mesurer les mots ou les verbes que nous utilisons’’, a-t-il déclaré, avant de renchérir en disant que certains journalistes sont téléguidés par des politiques qui leur donne de l’argent ou des voitures.
‘’On me pousse à dire, on me donne des voitures, on me pousse à dire, à la fin du mois, je reçois quelque chose ou juste avant d’aller dans les émissions, j’appelle un politique, aujourd’hui nous parlons de ce sujet là quel est votre avis là-dessus ? Ce qu’il me donnera, c’est ce que je vais dire, même si c’est contre l’intérêt de la population, même si c’est contre l’intérêt de la patrie. Alors, on va brûler notre case commune pourquoi ? Parce que je reçois de l’argent d’un politicien, qui me donne de l’argent chaque fin du mois pour pouvoir parler et faire des insanités, opposer les guinéens? Je ne le ferai pas moi. Ou c’est parce que je suis allé auprès des autorités pour qu’on me donne un poste de responsabilité, j’ai pas ce poste de responsabilité, je commence à parler n’importe comment ? Tout est su hein, on connaît tout ce qui se passe. L’État a le droit de sauvegarder d’abord l’intégrité territoriale et de faire face à la sécurité interne. L’État n’a à négocier avec personne quand il voit que ces aspects là sont menacés. Les pays qu’on pense être plus démocratiques à côté de nous ici, allez en Côte d’Ivoire, allez au Sénégal et voir ce qui se passe. On ne te permettrait pas de dire n’importe quoi. Nous avons des collègues ici qui ne nous honorent pas en Guinée’’, a fustigé Ansoumane Toumany Camara.
Pour mettre un terme à la crise qui mine la presse guinéenne, le Directeur de la DIRPA demande aux autorités et aux journalistes à privilégier le dialogue. Il a également invité les associations professionnelles de presse à mettre en place une structure de régulation des médias.
‘’Il faut dialoguer, il faut créer un espace de dialogue. Je pense que le ministre est sur cette voie là. C’était une rencontre de vérité, le Premier Ministre a dit ce qu’il doit dire en tant qu’homme d’État. Et nous, si nous sommes des responsables de médias, nous n’allons pas accepter que certains de nos travailleurs fassent n’importe quoi, c’est pas bon, c’est l’image du pays qu’il faut préserver. Ceux qui se lèvent pour défendre les médias, doivent être des vaccins, pas être des sérums, un vaccin prévient une maladie, un sérum soigne une maladie. Donc, que ça soit le syndicat, que ça soit des associations de presse, il faut qu’ils soient des vaccins. Dès que vous constatez un dérapage, appelez l’intéressé pour lui dire voilà tu as fais dérapage à ce niveau sans que la HAC n’appelle. Ceux qui sont en train de salir aujourd’hui les médias, ça ne profite à personne. Il y a des milieux, tu ne peux même pas te présenter comme journaliste, parce que ce que tes collègues font, n’honore pas la corporation’’, a indiqué le Directeur de la DIRPA avant d’inviter les patrons de médias à veiller au respect de leurs cahiers de charges et au travail de leurs employés.
‘’Quand tu emplois quelqu’un, tu dois veiller sur ce qu’il doit faire et quand tu ouvres ton entreprise, tu ouvres avec des garde-fous nécessaires. Puisque quand on te donne un certificat de commerce, la structure qui te donne te dira voici tes limites. C’est la même chose pour les médias, quand tu ouvres un média, tu as un cahier de charge, la télévision la même chose, mais les gens ne regardent pas ça’’, a-t-il lancé.
Facinet CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
