Depuis son instauration en 1886 comme journée internationale du travail, c’est finalement ce mercredi 1er mai 2024, que cette journée soit solennellement célébrée pour la première fois à Kissidougou. Mais malgré le caractère historique de cette journée dans la cité de Kissi-kaba Keita, il faut toutefois souligner qu’elle a été marquée par une faible mobilisation des travailleurs.

En dépit de ce manque d’engouement constaté sur le terrain, la commission d’organisation a, quant à elle, tranquillement déroulé le chronogramme concocté à cette occasion. Ainsi, cette journée dédiée aux travailleuses et travailleurs du monde a commencé par un carnaval qui est parti du carrefour de l’hôpital préfectoral à la Maison des jeunes au quartier Madina. Sur ce trajet qui s’étale sur quelques kilomètres, le préfet, le président de la délégation spéciale de la commune urbaine et les directeurs des services, ainsi que les administrateurs territoriaux des 12 sous-préfectures, ont marché au côté des travailleurs au rythme des musiques jouées par la fanfare.
Au bout d’une heure de marche environ, les travailleurs se sont retrouvés dans la grande salle de la Maison des jeunes pour la suite de la cérémonie notamment les différentes allocutions. Dans sa prise de parole, le camarade Hassane Touré, secrétaire général de l’union locale des travailleurs de Kissidougou, a d’abord rendu un vibrant hommage à la première génération de syndicalistes guinéens, avant de féliciter le CNRD pour sa volonté affichée de changer positivement les conditions de vie et de travail des travailleurs guinéens.

‘’La célébration de cette fête du 1er mai est une solennelle occasion de rappeler que nos devanciers syndicalistes guinéens avaient porté haut le flambeau de la lutte syndicale en Guinée, en Afrique et dans le monde. Je voudrais citer ici le camarade Ahmed Sékou Touré, le premier secrétaire de l’union générale des travailleurs de l’Afrique, le camarade Koumandian Keita, le premier secrétaire général du syndicat des enseignants, ou bien le camarade Mamadi Kaba, l’ancien secrétaire général de la CNTG etc. A nous mettons la célébration de cette journée à profit, pour féliciter les autorités du CNRD et du gouvernement, pour la récente revalorisation des salaires des travailleurs et des pensions des retraités. Nous souhaitons que les dispositions envisagées pour les enseignants contractuels puissent aboutir dans un proche avenir’’, a-t-il loué.
Continuant, le syndicaliste a aussi replacé l’événement dans son contexte historique, tout en rappelant le rôle des syndicats. ‘’Il convient de rappeler que c’est en 1886 à Chicago, aux États-Unis, que pour la première fois, le monde ouvrier s’est déchaîné pour défendre ses intérêts dans le but d’améliorer leurs conditions de vie et de travail. Alors, depuis cette année, le 1er mai a été universellement consacré comme une date repère, indiquant aux syndicalistes du monde entier, le rôle déterminant que doit jouer le syndicat dans la lutte contre l’injustice, l’arbitraire et les abus de toute nature’’, a-t-il rappelé.
Dans la foulée, madame Sylvie Sayandouno, membre de la délégation spéciale de la commune urbaine, a profité de cette journée de célébration, pour interpeller les décideurs sur le cas particulier des femmes dans le monde du travail.

‘’D’abord, je remercie le CNRD et notre dynamique préfet qui nous ont offerts l’occasion pour la première fois de célébrer solennellement cette journée. Dans le passé, on restait à la maison et on suivait les autres célébrer. Je profite de votre site d’information pour évoquer le cas des femmes travailleuses pour leur émancipation’’, a-t-elle sollicité.
Il faut signaler que la journée de fête s’est poursuivie au stade Jean Djibril Léno, avec un match de gala à l’appui, suivi d’une soirée dansante dans un night club de la place.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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