C’est un conflit domanial qui oppose la famille Kamano de la communauté Kissia, sise au quartier Gbangana à Soua François Kéréba. Selon nos informations, Soua François Kéréba aurait tenté d’occuper illégalement une parcelle de la famille Kamano, achetée par leur papa feu Gnaguila Kamano depuis 1930.
Quand la famille s’est levée, Soua François Kéréba est allé voir la communauté Manon, pour venir plaider, afin que la communauté Kissia les pardonne mais qu’il quitte le domaine.

‘’Après le décès du vieux en 1987, un conseil familial a été convoqué et toute la famille s’est réunie. Donc, dans l’unanimité, la famille a choisi un administrateur qui est Kékoura Kamano pour éviter toute confusion de vente d’une parcelle. Un document issu du conseil a été visualisé par le président du quartier et validé par le greffier d’alors.
Après lotissement, on a procédé au partage du terrain aux filles et fils de la famille. On a réservé deux (2) lieux retenus comme domaine familial dont le lot 05 parcelle 01 réservé pour le cimetière et le lot 01 commun pour la famille. C’est ce domaine que Soua François Kéréba s’est déclaré comme ayant droit, alors qu’il nous avait demandé pardon et il nous a dédommagé pour nos champs de culture qu’il avait détruit’’, a confié Sidiki Kamano.
Dans l’attente d’une suite favorable, Kéréba a porté plainte au tribunal de première instance de N’zérékoré. Mais une fois en justice, la famille Kamano a dû constater des actes injustes.
‘’L’affaire est allée au TPI de N’Zérékoré. Nous sommes allés, le juge a demandé à Kéréba, ce dernier a dit ouvertement qu’il a acheté la parcelle dans les mains de Zézé Béavogui. Du coup, le président demande à notre avocat d’aller chercher les documents légaux, ceux qui étaient là, n’étaient pas bons. Au moment où l’avocat a quitté, c’est un monsieur qui vient dire au juge d’instruction que le président du tribunal dit de ne plus recevoir leur avocat pour suivre les procès verbaux. Les documents que l’huissier de justice a fourni pour joindre aux dossiers qu’on a envoyés, ont été soutirés par le président du tribunal. En plus, je sors pour appeler notre administrateur, on me dit qu’il a été conduit à la maison centrale, que le juge d’instruction a décerné un mandat de dépôt contre lui. Du coup, j’ai appelé le président de la communauté Kissia, il est venu, on part pour demander sa libération, le juge d’instruction Saikou Yaya Barry nous demande de payer 30 millions de francs guinéens. J’ai dit qu’il (notre administrateur) était malade. Saikou Yaya a insisté que quelqu’un prenne l’engagement et moi qui suis son grand frère, j’ai l’ai fait en payant 500 000 GNF’’, dénonce Sidiki Kamano.

Le porte-parole de famille pense que, pour une justice prompte et équitable, il faut que le président du TPI de N’Zérékoré se retire de ce dossier, car à ses yeux, les actes cités ci-haut, ne peuvent pas lui permettre d’avoir confiance en cette juridiction. Pour ce fait, il attire l’attention du Ministre de la justice et des droits de l’homme, afin que ce dernier intervienne, pour que justice soit rendue dans cette affaire.
‘’Vu les irrégularités que le président du tribunal est en train de mener, nous demandons au président du tribunal de se débarrasser de cette affaire, s’il ne veut pas créer de problème entre les communautés, parce qu’on a compris que la justice est en train de soutenir l’autre côté dans la fausseté. J’attire par ailleurs l’attention du Ministre de la justice, qu’à N’Zérékoré, le tribunal n’est pas impartial dans certains procès comme le nôtre’’, a-t-il interpellé.
Accusé de n’avoir pas été impartial dans le conflit domanial qui a opposé la famille Kamano de la communauté Kissia à Soua François Kéréba, Mamadou Saliou Diakité, président du tribunal de première instance de N’Zérékoré, libre sa part de vérité.

‘’Dans cette affaire, je n’ai aucune partie prise. Je n’ai aucun lien d’amitié ou de parenté avec l’un ou l’autre concerné. Et je n’ai aucun intérêt particulier dans ce dossier pour que je choisisse une partie. Ils m’accusent à tord. La preuve en est qu’ils ont adressé leur demande au premier président de la cour d’appel de Kankan. Ce dernier m’a fait savoir qu’une réquisition est faite à mon égard par le conseil de la famille Kamano ; donc, d’envoyer ma réplique. Et je l’ai fait. Après analyse, le premier président de la cour d’appel de Kankan n’a vu aucune preuve des allégations faites contre moi. Par conséquent, il m’a ordonné de poursuivre la procédure’’, s’est-il défendu.
Selon nos informations, l’affaire est programmée au rôle des audiences le mardi prochain, pour l’ouverture des débats.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
